Affichage des articles dont le libellé est Albums. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Albums. Afficher tous les articles

Album



Norberto Lobo – "Mel Azul" 
2012 - Mbari

Autodidacte, Norberto Lobo est l'un des guitaristes portugais les plus talentueux d'une nouvelle génération digne héritière du Maitre Carlos Paredes dont fait partie To Trips (Dead Combo) ou encore Filho da Mãe.
Né à Lisbonne, c’est donc loin des conservatoires que Norberto Lobo a appris à jouer de la guitare. Fan de John Coltrane, Robert Wyatt ou Don Cherry, il a collaboré avec des artistes aussi divers que München, Chullage ou Lula Pena et a partagé la scène avec des musiciens internationaux comme Lhasa de Sela (à qui il dédiera "Balada para Lhasa") ou encore Devendra Banhart. A l'origine des projets Tigrala, Norman et Coletivo Páscoa, c'est avec sa carrière solo qu'il s’est fait connaître.

La musique de Norberto Lobo se révèle au grand public avec son premier album "Mudar de Bina" édité en 2007, album qu’il dédiera à Carlos Paredes. Depuis lors, ce virtuose de la guitare n'a cessé d'évoluer dans son art, aussi bien proche de la tradition portugaise de la guitare que de la tradition nord-américaine. Et c’est fin 2012 qu’il revient avec un quatrième album "Mel Azul". A la différence du titre "Fala Mansa" de l’album précédent, les voix et le piano ont disparu, la guitare est redevenue solitaire, plus intuitive. Dans "Mel Azul", Norberto Lobo instaure un dialogue entre sa guitare et le silence, entre ses cordes et notre âme, une musique faite de détails. Pas de voix, pas d’autres instruments, uniquement Norberto Lobo avec sa guitare et nous. Seul le dernier titre de l’album troublera ce dialogue avec la présence de la trompète de Sei Miguel. Il y a du Jack Rose, du Paulinho da Viola, du Ry Cooder, du John Fahey et bien évidemment du Carlos Paredes, en lui. Il y a tout ça et il y a surtout la magie de Norberto Lobo qui transfome l'émotion en partition.

Si la portugalité devait être mise en musique, elle serait sans aucun doute composée et jouée à la guitare par Norberto Lobo. Il signe avec "Mel Azul" l’un des plus beaux albums portugais de 2012.

Album



Luisa Sobral - “There's A flower in my bedroom” 
2013 - Universal

Avec son premier album multiplatiné, "The Cherry on my Cake", Luisa Sobral a parcouru le monde entier et a même participé à l’émission mythique de la BBC “Later... With Jools Holland.” Réduite à ses débuts à la “Nora Jones portugaise”, elle a démontré au fil de ses prestations qu'elle était bien plus que ça, une artiste complète: auteure, compositrice, interprète, jouant de multiples instruments. Luisa Sobral vit une véritable histoire d’amour avec la musique depuis ses débuts à la guitare à l'âge de 12 ans. Et en parlant d’amour justement, elle est de retour avec un deuxième album “There's A flower in my bedroom”, album où elle nous en donne, album où elle nous parle d’amour, pas seulement le romantique, mais aussi l’amical, le familial, le platonique... L'amour revisité dans différentes langues, à travers différents univers, mais l’amour toujours.

Le voyage qu’elle nous propose est cette fois-ci plus enclin à la mélancolie. Entre un Paris de la belle époque qui ouvre l’album avec "I Was in Paris Today", un passage par l’Espagne avec "Cuantas Veces", la Nouvelle Orléans fortement présente sur "What Do You See In Lily", sans oublier bien évidemment le Portugal avec "Quando te vi" ou encore l'un des plus beaux titres de l'album “Sr Vinho”, une histoire d'amour qui sent bon le fado d’Alfama.

Ses univers musicaux, quant à eux, se sont enrichis, cette fois-ci le jazz a laissé un peu plus de place à la folk et à la country, comme le démontre le premier single, "Mom Says" ou encore “I Remember You”. Evidemment le grand public retiendra les duos. Celui avec Jamie Cullum, “She Walked Down The Aisle” sur un registre où l’on n’attendait pas vraiment le jazzman, plus mélancolique que jamais. La magnifique rencontre avec Antonio Zambujo sur "Inês", une ode à l'amour impossible entre Inês de Castro et le roi D. Pedro. Enfin "The Last One" avec au piano Mário Laginha, où elle rend hommage au pianiste portugais mort l'année dernière, Bernardo Sassetti, chanson qui clôt l'album.

Après le succès de son premier album, Luisa Sobral était très attendue, celle que les Inrockuptibles citaient comme une des artistes portugaises à suivre, a réussi le plus difficile: ne pas sortir de l'univers qui lui est propre tout en proposant une nouvelle palette de sonorité. Elle signe avec "There's a flower in my bedroom", un album plus réfléchi et adulte, mariage parfait entre le jazz, la pop et la folk. Un album sous le signe de la mélancolie où les fleurs qu'elles nous offrent ne sont pas forcément tristes mais plus nostalgiques et introspectives. 

La solitude et la tristesse peuvent-elles être belles ? Oui nous répond Luisa Sobral du fond de sa chambre bleue.

Lien:

Albums



Deolinda - Mundo Pequenino
2013 - Universal


Le meilleur de ce que la musique portugaise a de meilleur est à l'intérieur. Troisième album et troisième réussite pour Deolinda. Le groupe a beaucoup voyagé dans ce vaste monde, en a tiré l'essence et l'a concentré sur treize titres: le résultat est ce tout petit monde.

Elle est loin la Deolinda qui chantait dans les maisons de Fado pour gagner sa vie, aujourd'hui elle monte sur les scènes de Paris, Ljubljana, Johannesburg ou Istanbul. A-t-elle changé pour autant? Non. Deolinda habite toujours son quartier populaire, prend les transports en commun et subit les phénomènes de la crise. Loin de se morfondre, elle se bat et construit son monde. Un monde solidement enraciné dans Lisbonne mais avec des branches qui s'étendent d'un bout à l'autre de la planète. Il y a António Variações dans Doidos et un doux portrait du Portugal d'aujourd'hui sur Gente Torta. Mais il y a du Beirut sur Concordância, du parfum viennois sur Semáforo da João XXI et de l'Italie dans Não Ouviste Nada (sur lequel participe António Zambujo). Il y a tout un monde, si vaste de si petit, dans cette musique, si petite et pourtant si grande.

Comme à chaque album, le groupe apporte quelque chose de nouveau à la musique portugaise, élargissant des routes sur lesquelles cheminent Márcia, Samuel Úria, Luísa Sobral ou Miguel Araújo… Le meilleur de ce que la musique portugaise a de meilleur est à l'intérieur.




Liens:



Albums



Melissa Oliveira - In My Garden
2011 - Edition d'auteur

Attention future grande! Ce premier album est à l'image du parcours de la chanteuse: un voyage à travers différents pays et univers musicaux, des rues de Porto à la samba de Rio de Janeiro, du blues du Mississippi aux clubs de jazz de New-York. Découverte d'une nouvelle promesse du jazz portugais.

Née en Australie, Melissa Oliveira rejoint le Portugal à treize ans. Le talent démontré à l'ESMAE (école de musique de Porto) lui permet de décrocher une bourse qui lui ouvre les portes de la prestigieuse Berklee College of Music de Boston (où ont étudié Miles Davis, Brad Mehldau, Quincy Jones ou Diana Krall). Elle se découvre une passion pour l'écriture et la composition,  travaille sa voix et revisite des classiques de Horace Silver ou Wayne Shorter. L'album qu'elle réalise pendant ce séjour porte merveilleusement bien son nom. Les dix titres de In My Garden sont autant de fleurs, chacune avec sa forme, sa couleur et son parfum, qui composent un jardin où l'auditeur aimera se promener. Plusieurs visites permettront même de s'y perdre pour mieux le redécouvrir... 

Depuis, Melissa Oliveira est rentré en Europe poursuivre l'étude du jazz au Royal Conservatory of the Hague, Pays-Bas. Souhaitons que les rencontres qu'elle y fait lui permettront de donner une suite à In My Gardens. Ce très bon premier album confirme en tout cas la très bonne santé du jazz portugais et l'existence d'une nouvelle génération, très talentueuse, dont font également partie Sara Serpa, Tiago Sousa, Julio Resende ou Marta Hugon... pour ne citer qu'eux. 



Liens:



Albums



Moullinex - Flora
2012 - Gomma

Luís Clara-Gomes a déjà un joli CV derrère lui: responsable du label qui monte Discotexas, remixes pour Sebastien Tellier, Two Doors Cinema Club ou Cut Copy et, naturellement, dj globe-trotter partageant sa vie entre Berlin et Lisbonne. Luís Clara-Gomes c'est aussi Moullinex qui, après quelques EP très remarqués, sort enfin son premier album Flora. 

Flora est à mi-chemin entre les Italiens do it Better et le collectif parisien Kitsuné, soit un juste mélange de nappes de synthés, de riffs de guitares et de basses profondes. Ces deux ingrédients auraient pu amener à un disque difforme ou irrégulier mais il n'en est rien: Flora est cohérent du début à la fin et l'on ne retrouve pas ce défaut souvent présent dans les albums d'électronique dansante. Parmi les meilleurs titres, Darkest Night (avec Iwona Skwarek, de Rebeka, à la voix) nous offre un retour aux soirées disco des années 70/80, la portugaise Da Chick prolonge ce séjour dans le passé sur le très funky Hypnotize avant que la terrible Peaches n'achève l'auditeur avec une reprise du Maniac d'Irene Cara. 

Avec ce Flora, Moullinex justifie sa place parmi les principaux noms de la nu-disco que sont Aeroplane ou Lindstrom. Décomplexés et résolument portés vers l'international, Moullinex et sa troupe Discotexas ont de beaux jours devant eux...

Liens:


Albums



Emmy Curl – Origins
2012 Ed. Auteur

Emmy Curl n’a que 22 ans et pourtant tout un univers autour d’elle, qu’elle aime à créer, qu’elle aime à rêver. Après "Birds Among The Line", elle vient de sortir un nouvel EP contenant 6 titres et à télécharger ici.

Emmy Curl, de son vrai nom Catarina Miranda, est née en 1990 dans le nord du Portugal, et a grandi entourée de musique, de peinture, de lecture ou encore de photographie. Dès 15 ans, elle commence à produire elle-même ses chansons dans les studios de son père. En 2010 elle lance son premier EP sur la plateforme Optimus Discos, "Birds Among The Lines", et fait ainsi découvrir aux portugais sa folk atmosphérique et poétique.

Entre acoustique et électronique, elle nous promène avec "Origins" dans des chemins sinueux où sa voix nous rassure, nous protège et nous enveloppe. Emmy est envoûtante comme la région d’où elle vient, Trás-os-Montes. Elle nous offre une musique délicate et romantique, parfois amère qu’elle même définit comme "dream pop". Pour ce deuxième EP, elle s’est entourée d’André Tentúgal du groupe We Trust (celui qui l'a poussée à faire de la musique) sur le titre "Stream" et d’Eurico Amorim (clavier des Supernada), qui aide Emmy et João André (aussi des We Trust) a trouver les meilleurs arrangements pour les six titres de "Origins". On n’a pas non plus de peine à retrouver les influences qu’elle assume par ailleurs : des touches de Andrew Birds, Little Dragon, Zero 7 ou encore José Gonzaléz.

En interview, elle aime à dire qu’elle veut expérimenter de nouvelles formes de composition pour "ne pas peindre toujours de la même couleur." On attend avec impatience ses nouvelles peintures. En effet, elle confirme avec "Origins" être une des artistes portugaises à suivre de très près dans les années à venir. 

Elle rêve Emmy, elle rêve et on a envie de rêver avec elle.

Albums



Tiago Pereira - Dêem-me duas velhinhas, eu dou-vos o universo
2013 - Optimus Discos

Dêem-me duas velhinhas, eu dou-vos o universo est le dernier projet du réalisateur Tiago Pereira. Habituellement derrière la caméra, il tient cette fois le micro en regroupant 26 titres de chansons traditionnelles, enregistrées du nord au sud du Portugal, en passant par les îles. 

Tiago Pereira poursuit ainsi le travail entamé avec son site A Música Portuguesa a Gostar dela Própria et continue la sauvegarde du patrimoine musical portugais. Celui qui défend qu'un peuple sans mémoire ne peut exister met ainsi à disposition toute une archive musicale destinée à être, dit-il retravailler, remixer afin de leur donner une nouvelle signification. "Donnez-moi deux petites vieilles, je vous donne l'univers" n'est pourtant pas, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, qu'un disque de "petites vieilles". La plupart du temps ce sont d'ailleurs des jeunes qui présentent de nouvelles versions de thèmes intemporels qu'ils se sont réappropriés en y apportant leurs touches personnelles. Sur le dernier titre, on entend ainsi deux femmes de vingt ans, Ecos Tradicionais, interprétant a capella un thème traditionnel accompagnées par le beat boxer Rudi Aleixo, version XXIème siècle du patrimoine musical portugais. 

Encore un travail remarquable de Tiago Pereira qui permet une nouvelle fois à la musique la plus traditionnelle de toucher tous les publics de tous les âges, rendant cette musique populaire à tous mais sans lui faire perdre son identité! 

Liens:

Albums



Mr. Miyagi - There’s no Destiny… Enjoy The Ride
2013 - Lovers & Lollypops


Skateuses, skateurs approchez, ce disque est pour vous. 2013 voit apparaître la troisième livraison de balades du groupe de Viana do Castelo. La recette n'a pas changé depuis 2010 et leur précédent album To the Bone: la voix douce de Ciso se pose sur la batterie lente de Ricardo, auxquels Jaime et Bita, guitare et  basse, respectivement, apportent leurs plus beaux et doux arpèges.

La légende veut que ces quatre-là forment le gang le plus dangereux du Minho, prouvant à chaque sortie que la ceinture noire de karaté qu'ils portent ne fait pas que tenir leur pantalon.  Mais un jour ils décident de se mettre à la musique, volent les instruments de gangs rivaux et développent leur propre style: la counter-attack music! La musique de contre-attaque? C'est comme si le maître de Daniel Larusso quittait la Californie pour le Minho et y enseignait la maîtrise de la guitare, le tout sur un poteau en bois, au bord de la mer, dans la position de la grue.

Sur scène, ils ont ouvert pour Suicidal Tendencies ou Fucked Up. Vice Portugal les soutient et ils se placent au croisement de Bad Religion,  MC5, Fu Manchu ou Nashville Pussy... Comment ça les balades ne sont pas la spécialité de ces groupes...?


Liens:

Albums



Dona Rosa - Sou Luz
2012 - Jaro


"Son chant ressemble plus à un joyau poussé par miracle sur un terrain de rocailles et de ronces". Cette phrase de Mondomix pour définir la voix de Dona Rosa est on ne peut plus juste.  

Dona Rosa, de son vrai nom Rosa Francelina Dias Martins, est né en 1957 à Porto, au sein d'une famille misérable avec 22 frères et soeurs. Avec quatre petites années, elle perd la vue des suite d'une grave méningite... Sa famille l'abandonnera dans des instituts spécialisés quelques années plus tard, qu'elle quittera pour rejoindre les rues de Lisbonne. Dans la capitale, elle se trouve une seconde famille avec des sans-abris, des aveugles et d'autres misérables. Elle deviendra consécutivement vendeuse de magazines, de calendriers, de tickets de loterie... C'est d'ailleurs après qu'on lui ait volé une souche de tickets qu'elle décide, accompagné d'un triangle, de gagner son pain grâce à sa voix. 

Pendant plusieurs années, elle chantera sa vie dans la rue, recevant la sympathie des voisins et des passants. Et c'est un touriste autrichien, André Heller, également producteur de télévision qui, hypnotisé par sa voix, va lui permettre de fouler les scènes du monde entier. Invitée pour un festival au Maroc, elle convainc le label Jaro de la signer. Ce quatrième album Sou Luz, faisant suite à Histórias da Rua (2000), Segredos (2003) et Alma Livre (2007), ne déroge pas à la simplicité qui sied si bien à sa voix. Dona Rosa est un diamant brut qu'il serait presque dommage de polir. Ce diamant se laisse régulièrement entendre entre la rue Augusta et l'Elevador de Santa Justa... Elle a beau avoir fait le tour du monde, Dona Rosa continue à chanter dans les rues et y vendre ses disques, c'est en elle.

Liens:




Albums



Dj Ride - Life in Loops 
2012 - Optimus Discos


DJ Ride est plusieurs personnes à la fois. C'est d'abord la moitié de Beatbombers, champion du monde de scratch IDA 2012, avec Stereossauro. C'est aussi le détenteur de six titres de champion national et un collectionneur fou de vinyles. C'est ensuite un créateur de sons avec deux EP et désormais trois albums à son actif avec ce Life in Loops. Dj Ride, c'est au moins ça.

La façon la plus simple de présenter Dj Ride est de dire que c'est un passionné de musique. Ce nouvel album vient confirmer le talent et la qualité des productions du jeune homme. En véritable explorateur de nouvelles sonorités, Dj Ride présente onze nouveaux titres inédits et des invités venus d'horizons très différents. On retrouve ainsi Sara Linhares (chanteuse électro luso-canadienne à suivre de près), Groove 4tet, les rockeurs de Paus, le grand Legendary TigerMan (ex Tédio-Boys et leader de Wraygunn) ou Joe Ambrosia (trompétiste ayant joué avec Frank Zappa ou James Brown, rien que ça). 

Très orienté électro-hip-hop, l'album séduira à coup sûr les fans de C2C, Beat Torrent et autres Chinese Man. Life in Loops est enfin en téléchargement libre sur Optimus Discos et disponible dans les Fnac portugaises contre 4.95€.

Liens:

Albums



Celina da Piedade - Em Casa
2012 - Orfeu


Après avoir joué avec Rodrigo Leão, Mayra Andrade, António Chainho, Donna Maria ou Amor Electro, Celina da Piedade sort enfin son premier album solo: Em Casa.  

Le cursus scolaire n'y est sans doute pas pour rien dans son style musical. Elle qui a fait des études dans le patrimoine culturel tire ses influences dans les musique de tous les mondes. Ainsi, Calimero e a Pêra Verde (vidéo ci-dessous) est un thème de l'Alentejo sur une musique traditionnelle belge! Les musiques régionales portugaises et de pays comme la France, l'Irlande ou l'Allemagne sont d'ailleurs les ingrédients principaux des vingts chansons que composent ce double cd.

Em Casa est surtout une invitation dans l'univers de Celina. Un univers dans lequel on croise Rodrigo Leão, Samuel Úria et bien d'autres artistes du Portugal et d'ailleurs.  C'est qu'elle en a fait des rencontres Celina, elle qui fréquente et donne des cours de danse et chants traditionnels depuis une dizaine d'année. Elle qui a fondé les groupes Uxu Kalhus et Modas à Margem do Tempo  ou accompagné de si illustres artistes, sur disque comme sur scène. Sa musique? Elle-même la définit comme du "folk avec de l'attitude". De l'attitude elle n'en manque pas, et de talent non plus.

Liens:

Albums





Halloween - A Árvore Kriminal 

2011 - Sonoterapia

Allen Halloween est  au hip-hop portugais ce que Lunatic est au rap français: sa face la plus sombre, la plus dure et la plus violente. A l'image du Mauvais Oeil de ces mêmes Lunatic, A Árvore Kriminal relègue les autres albums du hip-hop portugais à une seconde division où le besoin d'affirmer sa "street crédibilité" est plus important que celui de lui faire honneur.


De son vrai nom Allen Pires Sanhá, Halloween est dans le rap depuis 1999 quand il fonde la Youth Kriminals. En 2006 sort son premier album Projecto Mary Witch, considéré comme un des sommets du hip-hop portugais avec ses ambiances sombres façon Wu-Tang ou Mobb Deep période 1993 à 1996. Allen aura donc laissé passer cinq ans pour sortir ce nouvel album, temps nécessaire pour repousser les avances des maisons de disques (nombreuses) et affiner les prods et lyrics de celui qui sera l'un des meilleurs albums de l'année 2011 (presse spé et général mélangées).

Toujours aussi sombre, la production a gagné en précision et les rimes en précision, Halloween nous décrit les réalités d'une vie aux périphéries de Lisbonne, loin des clichés touristiques des marches des fêtes populaires ou des étables colorées du Cais do Sodré. Il est ici question du chômage des jeunes, des conditions de vie dans des banlieues délabrées, des problèmes d'insertions ou des violences du quotidien. Armé d'une plume parmi les plus affûtée de la musique portugaise, le natif de Guinée-Bissau signe un nouveau classique dont chaque titre est un hit potention avec des mentions spéciales pour Debaixo da Ponte (vidéo ci-dessous), Um Jardim a Beira-Mar ou Não Há Luz No Meu Caminho.

L'attente devrait cette fois être moins longue avant l'entendre à nouveau, 2013 s'annonçant en effet une année chargée pour Halloween. Alors qu'une mixtape du ODC Gang (Halloween + Lucyfer) intitulée Escumalha – Sons da Pedrada est déjà disponible en téléchargement gratuit (et avant une sortie officielle en début d'année), un troisième album solo devrait également voir le jour très prochainement. Et on ne manquera pas de vous en parler...

Lien:

Albums





Black Bombaim - Titans 

2012 - Lovers & Lollypops

Combien de groupes dans le monde peuvent se targuer d'avoir collaboré avec des membres des Stooges, Earthless ou Comets on Fire. Et combien peuvent se vanter d'avoir bénéficier de mains expertes, jadis mise à contribution pour les Sonic Youth ou Melvins, pour la mastérisation d'un de leurs disques? Sans doute très peu. Et combien de groupes portugais? Sans doute un seul: Black Bombaim!

Le power trio de Barcelos constitué de Ricardo Miranda, Paulo Gonçalves et Tojo Rodrigues fracasse tout et tous sur son passage, signant par la même occasion l'un des très grands albums de 2012. Les quatre pistes titanesques (facile) de dix à vingt minutes chacune nous offrent des envolées psychédéliques hypnotiques avec de longs et bons riffs de guitares explosifs, une batterie éclatante et une basse omniprésente. Le titre A bénéficie de la voix reconnaissable entre mille d'Adolfo Luxúria Canibal (Mão Morta), le B des sons de cet étonnant instrument qu'est le Theremin, le C du saxophone du Stoogien Steve Mackay et le D d'un clavier et d'une guitare additionnelle. Seulement quatre titres mais un voyage de plus d'une heure et une musique qui ne s'entend pas mais plutôt une musique qui s'écoute.

La troisième sortie du trio, après un single éponyme et auto-produit en 2009 et Saturdays And Space Travels deux ans plus tard, les place d'ores et déjà parmi les plus grand du rock stoner-psyche-progressif. Black Bombaim bénéficiant de nombreuses critiques élogieuses dans le monde entier, il n'est pas étonnant que ce groupe, malgré sa jeunesse, ait déjà eu l'occasion de fouler de nombreuses scènes espagnoles, anglaises ou françaises (en attendant les Pays-Bas et le Maroc). Un mot rapide sur le label Lovers & Lollypops qui confirme sa place grandissante dans le panorama musical indépendant portugais avec des disques pointus et de grande qualité comme ceux de Mémoria de Peixe, Throes+The Shine et bien sûr de ces Black Bombaim...

Liens:

Albums



Dead Combo - Lisboa Mulata 
2011 - Universal Music

Métissée, la musique de Dead Combo l'est assurément. Au quatrième album, le duo poursuit ses mélanges musicaux entre l'Europe, l'Afrique et les Amériques, entre le Fado, la Morna et les musiques de western et nous offre un disque sans étiquettes mais pas sans identité

C'est en 2002 que Tó Trips et Pedro Gonçalves ont l'idée d'unir leurs forces autour d'un projet: rendre hommage à la guitare portugaise et à son plus grand représentant, Carlos Paredes. Le duo goûte depuis à une ascension et à une reconnaissance qui les a amené à fouler plusieurs centaines de scènes au Portugal et ailleurs. Lisboa Mulata les amènera d'ailleurs à une apparition très remarquée lorsqu'en mai 2012 ils se produisent sur le plateau de l'émission télé de Anthony Bourdain, No Reservations, pour une spéciale Lisbonne. Cette apparition leur offrira les premières positions du top des ventes I tunes dans la catégorie World Music.

Ce très attendu quatrième album fait suite à Lusitana Playboys (2008) et est un retour aux sources pour le duo. Là où le précédent travail faisait appel à une douzaine de participations (Howe Gelb, Carlos Bica, entre autres), Lisboa Mulata est surtout l'oeuvre des deux guitaristes, s'appuyant à de rares occasions sur le grand Marc Ribot (qui a accompagné Tom Waits), Camané ou Sérgio Godinho. Si la forme change donc, le fond reste inchangé et l'on retrouve le même métissage qui a fait la réputation du groupe. Il est en tout cas évident que si Wim Wenders venait à donner une suite à son Lisbon Story, c'est à Dead Combo qu'il ferait appel tant leur musique respire le Lisbonne des années 2000 et 2010.

Enfin, l'album va être distribué en France à partir du 18 février chez Pias. Le concert de lancement aura lieu le 28/02 à 20h au club  Sunset Sunside (60 rue des Lombards, Paris 1er).

Liens:
Site Officiel
older post