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Albums



Deolinda - Mundo Pequenino
2013 - Universal


Le meilleur de ce que la musique portugaise a de meilleur est à l'intérieur. Troisième album et troisième réussite pour Deolinda. Le groupe a beaucoup voyagé dans ce vaste monde, en a tiré l'essence et l'a concentré sur treize titres: le résultat est ce tout petit monde.

Elle est loin la Deolinda qui chantait dans les maisons de Fado pour gagner sa vie, aujourd'hui elle monte sur les scènes de Paris, Ljubljana, Johannesburg ou Istanbul. A-t-elle changé pour autant? Non. Deolinda habite toujours son quartier populaire, prend les transports en commun et subit les phénomènes de la crise. Loin de se morfondre, elle se bat et construit son monde. Un monde solidement enraciné dans Lisbonne mais avec des branches qui s'étendent d'un bout à l'autre de la planète. Il y a António Variações dans Doidos et un doux portrait du Portugal d'aujourd'hui sur Gente Torta. Mais il y a du Beirut sur Concordância, du parfum viennois sur Semáforo da João XXI et de l'Italie dans Não Ouviste Nada (sur lequel participe António Zambujo). Il y a tout un monde, si vaste de si petit, dans cette musique, si petite et pourtant si grande.

Comme à chaque album, le groupe apporte quelque chose de nouveau à la musique portugaise, élargissant des routes sur lesquelles cheminent Márcia, Samuel Úria, Luísa Sobral ou Miguel Araújo… Le meilleur de ce que la musique portugaise a de meilleur est à l'intérieur.




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News



Festival "Un monde... des cultures" : A descoberta !

La ville de St Gratien dans le Val d'Oise consacre la cinquième édition du festival « Un monde… des cultures » à la découverte des cultures d’expression portugaise à travers concerts, expositions, déambulations, films, rencontres, ateliers et animations. 

Maîtres des mers aux XIVème et XVème siècles, les navigateurs portugais ouvrent des routes et font escale sur les cinq continents. Dans leur sillage, des comptoirs s’installent, explorateurs et migrants esquissant la géographie d’un « monde lusophone » à venir. Cinq siècles plus tard, le portugais est l’une des langues les plus parlées dans le monde : langue maternelle au Portugal et au Brésil, langue officielle et parlée au Cap Vert, en Angola, en Guinée-Bissau, au Mozambique, à Sao-Tomé et Principe, au Timor Oriental et dans la province chinoise de Macao. Autant de pays qui, bien qu’ayant leur histoire et leur identité propres, ont en partie des destins liés sous l’effet de la colonisation, des mouvements d’immigration croisés, de la coopération, des échanges, des influences et entre lesquels se sont tissés des liens culturels, allant du folklore entretenu ou transmis aux métissages les plus créatifs. 

Les grands moments de A Descoberta seront les concerts d'ouverture et de clôture du festival avec Antonio Zambujo au Théatre Jean Maris le 4 juin (gratuit sur réservation) et Bonga sur la Place de la Poste le 8 juin (gratuit également).  

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Vidéo



António Zambujo  - Festival au Fil des Voix (Paris - 08/02/2013)

Pour tous ceux qui n'ont pas pu assister au concert d'António Zambujo à l'Alhambra dans le cadre du Festival Au Fil des Voix, vous avez maintenant l'occasion de vous rattraper avec ARTE Live Web.

Interview



Les cinq univers d’António Zambujo




«Quinto» («cinquième» en portugais) comme le cinquième album de sa carrière, cinq comme le quintet de musiciens qui jouent sur l’album, ou encore ses cinq références musicales. António Zambujo signe avec «Quinto» l’un des plus beaux albums portugais de l’année 2012. C’est à la veille de son concert au Coliseu qu’il nous reçoit à Lisbonne sans nervosité apparente avant cette date importante pour lui, pour nous parler de «Quinto», album qui lui a permis de devenir l’une des figures incontournables de la musique portugaise actuelle. Le public parisien pourra le retrouver le 8 février à l’Alhambra dans le cadre du Festival Au Fil des voix

Avec « Quinto » vous réussissez à imposer une sonorité musicale qui n’appartient qu’à vous. Comment définiriez-vous votre musique ? Peut-on encore parler de fado pour définir la musique d’António Zambujo? 
En aucune manière et je crois que plus personne ne se pose la question. Le fado et la musique traditionnelle de ma région, l’Alentejo, sont les deux piliers de tout ce que je fais. Pour moi, ce sont deux grandes références qui se maintiendront toujours. Et à ces deux piliers, j’ai ajouté des choses au fur et à mesure de mes écoutes musicales. Quand j’ai entendu João Gilberto pour la première fois, je suis tombé amoureux de la musique brésilienne et j’ai assumé la musique brésilienne comme une référence. Quand j’ai découvert Chet Baker, j’ai commencé à écouter du jazz et à l’assumer comme référence. J’ai pris plus tard des cours de guitare dans une école de jazz à Lisbonne. Puis j’ai écouté Cesária Evora, je suis tombé amoureux des mornas du Cap Vert et je l’ai assumé comme référence. Je crois que ces 5 univers : le fado, la musique traditionnelle, la musique brésilienne, les mornas du Cap Vert et le jazz sont mes plus grandes références en tant qu’interprète et en tant que compositeur. Et c’est dans ces univers que ma musique voyage. On a réussi, notamment avec « Quinto », à créer une sonorité qui nous est propre. 

«Quinto» a t-il suivi un processus de création différent des autres albums ? 
Le processus fut plus simple que pour les autres albums car les collaborations se sont construites petit à petit au fil des années avec les auteurs qui écrivent pour moi, les musiciens qui jouent avec moi. A partir de 2009, on a fait de plus en plus de concerts, on a beaucoup voyagé. Jouer ensemble nous a permis d’avoir une vraie complicité. « Quinto» a été un album très facile à faire, notamment grâce à ça, les choses étaient déjà bien huilées. Une des grandes différences avec les albums précédents, c’est que nous avons voulu enregistrer une partie de l’album en live. C'est ce que nous avons fait dans un théâtre à Sines. 

Vous chantez un Portugal d'aujourd'hui dans "Quinto", toutefois vous ne signez aucune des paroles de l'album. Cela ne vous manque-t-il pas ? 
Aucunement. Je n’en ressens pas le besoin et je n’en ai pas la vocation. Je suis beaucoup plus musique que parole, même si j’aime beaucoup la poésie. Je n’ai jamais ressenti l’inspiration pour écrire des paroles. 

Comment travaillez-vous avec les auteurs qui écrivent pour vous, comme João Monge, Nuno Júdice, Maria do Rosário Pedreira ou encore l’écrivain angolais José Eduardo Agualusa? 
Je n’impose pas de thème, je leur donne une liberté totale. Ils savent pour qui ils écrivent, ils me connaissent bien, moi et ma musique. Cela me permet d’avoir une totale confiance en ce qu’ils vont me proposer. En plus d’être certain que ce sera de qualité, je sais que cela me ressemblera. 

On retrouve sur cet album Pedro Da Silva Martins du groupe Deolinda, comment est née cette collaboration ? 
J’ai connu Pedro, il y a environ un an, on assistait au même concert. On s’est croisé à la fin, on s’est dit qu’on admirait le travail l’un de l’autre. Peu de temps après, je suis entré en contact avec lui, je voulais qu’il essaie de faire une musique pour moi. Il m’a répondu qu’à l’époque il avait déjà un dossier dans son ordinateur avec mon nom parce qu’il voulait me montrer certaines choses. J’aime beaucoup le résultat final et les musiques qu’il a composées (« Algo estranho acontece » et « Queria conhecer-te um dia ».) Je trouve, qu’avec Miguel Araújo (Os Azeitonas), il fait partie des meilleurs paroliers/compositeurs de cette nouvelle génération de musiciens portugais. 



Les journalistes aiment à répéter que vous êtes le «João Gilberto du Portugal». Comment le prenez-vous? Cela vous agace-t-il ? 
Que ce soit clair : c’est ce que les autres disent de moi, cela ne vient pas de moi ! Mais puisqu’on me compare à quelqu’un, je préfère que ce soit à João Gilberto plutôt qu’à Julio Iglésias ! 

Chantez-vous encore dans les Casas de Fado ? 
Plus depuis plus d’un an. C’est devenu incompatible avec ma carrière. 

Cela vous manque-t-il? 
Beaucoup. La complicité que l’on a avec les musiciens dans ces espaces, accompagner, écouter d’autres artistes, tout ça est très important. Même si composer est un processus égoïste, il est important d’absorber d’autres musiques, d’écouter d’autres artistes, afin de voir ce que l’on peut améliorer ou au contraire ce que l’on doit éviter. C’est un vrai apprentissage et on retrouve cela dans les Casas de Fado, car il y a chaque soir cinq à six personnes qui chantent. Et puis, il y a ce contact privilégié avec le public, la proximité, l’ambiance, les lumières tamisées. Je me souviens que j’avais l’habitude de chanter appuyé contre un pilier à Senhor Vinho. Je m’y sentais vraiment bien. J’y rechanterais un jour, occasionnellement, juste pour le plaisir. 

Vous êtes très souvent en concert en France, sentez-vous une différence entre les publics français et portugais? 
Il y a une chose très curieuse. Je me suis rendu compte que dans les pays du nord de l’Europe, j’y inclus la France, le public avait une très grande écoute. On sent que c’est un public très attentif et intéressé. Si intéressé que parfois il peut paraître peu enthousiaste et applaudir peu entre les chansons. Mais à la fin du concert, c’est toujours l’apothéose. En France, la réceptivité a toujours été très bonne. Très curieusement, j’ai compris au concert d’hommage à Zeca Afonso qu’il y avait beaucoup de Portugais qui habitaient en France et qui ne me connaissaient pas. J’espére qu’ils seront nombreux à l’Alhambra à venir découvrir ma musique! 
Interview réalisée pour le CAPMag(Février 2013) / Crédit Photos : Jonas Batista

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Ils en Parlent





Les Inrockuptibles – 06/02/2013

Ils en Parlent




Antonio Zambujo - Les connections latines


31 janvier 2013 Par Festival Au Fil des Voix



Avec Antonio Zambujo c'est tout un pan de la musique portugaise qui se modernise. Auteur d'un délicieux Quinto, le crooner  sera de passage à Paris, vendredi 8 février, sur la scène de l'Alhambra pour le festival Au fil des voix. Ce dernier dévoilera un fado ouvert au jazz, à la bossa nova. L'occasion ici de tracer un axe transatlantique entre le chantre de l'Alentejo et le maitre brésilien Joao Gilberto.

Quinto, comme le cinquième dans la langue de Magellan. C'est le titre du dernier disque de Antonio Zambujo. Et la cinquième étape d'une réhabilitation pour le moins audacieuse du répertoire portugais. De Por meu canta, disque fondateur où l'on trouve déjà ce cocktail séduisant à base de folklore portugais, de rythmes latins et de jazz en passant par Outro Sentido, le disque de la reconnaissance internationale, Antonio Zambujo incarne les racines de son pays, qu'il fait croitre au fil des rencontres. A l'image d'une scène lisboète urbaine et métisse, le jeune  chanteur bouscule les conventions, en douceur mais avec cohérence.  Son lien avec le fado reste évident. Son jeu d'acteur, au sein de la comédie musicale Amalia, en hommage à la grande fadista Amalia Rodrigues, où il incarnait le mari de la diva, confirme la chose. La saudade, cette mélancolie joyeuse propre aux lusophones et toujours présente. Le titre d'ouverture met au parfum. Ca fleure les balades le long du Tage, à ne rien attendre sinon contempler le temps qui passe.Algo estranno acontece prend des allures de tango avec son saxophone à la sonorité ouatée. Fortuna conforte le caractère latin de l'entreprise. Et Nao vale mais um dia improvise sur le mode jazz grâce à une guitare splendide. Mais ce sont les titres aux effluves brésiliennes qui subliment cet enregistrement.Flagrante est, à ce titre, une plage emblématique avec sa mélodie située aux confins de la samba .  Un morceau qui reflète les passerelles  que lance le dandy portugais vers le rivage sud-américain.






Naturellement  liée à l'univers de Antonio Zambujo, la bossa nova fomente sa révolution de salon, à Rio de Janeiro, dès la fin des années cinquante avec Chega de saudade, un disque signé Joao Gilberto. A l'instar de la Nouvelle Vague, cinématographique ou littéraire, ce mouvement va moderniser la musique brésilienne, jusque là marquée par la samba et les folklores locaux. Ce premier enregistrement est donc historique. La liberté de ton du courant afro américain est contrebalancée par une indolence inédite. Une (insoutenable) légèreté qui frappe les esprits avec Brigas nuncas mais. Les instruments classiques comme la flûte traversière ou le xylophone rythment Ho-bà-là-là et ses arrangements lounge avant l'heure. Maria Ninguém fait déjà office de standard avec sa mélodie à couper le souffle. Mais le choc provient surtout du premier tube bossa,Desafinado, un manifeste esthétique évident. Le titre préfigure le travail de Joao Gilberto, quelques années plus tard, avec sa femme Astrud, Carlos Jobim et le saxophoniste Stan Getz. Cette réunion aboutira au thème ultime : Girl from Ipanema. La bossa comme le jazz sont  indissociables de nombreux courants dont la pop britannique du début des années 80. La production d'Antonio Zambujo l'assimile avec finesse. Les mélodies West Coast sophistiquées et la poésie composent  les fondements d'un fado aujourd'hui régénéré.




Antonio Zambujo Cinquo  (World Village / Harmonia Mundi)  -  Joao Gilberto Chega de saudade  (Cherry Red)
Vincent Caffiaux

Ils en parlent







CRITIQUE

António Zambujo, la preuve par cinq


Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ
World. Le chanteur de fado défend en tournée «Quinto», album aux influences tropicales.

DR.
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Sur la pochette, le message est immédiat : une main ouverte pour signifier que l’album est le cinquième de la carrière d’António Zambujo. La simplicité du visuel contraste avec la sophistication et la richesse de sa musique. Issu du fado, Zambujo, 37 ans, est également proche de la bossa-nova, du jazz vocal des crooners, de la morna du Cap-Vert ou du folklore de sa région, l’aride Alentejo. Ainsi sur le titre O que é feito dela ? où la voix du soliste est rejointe par un chœur masculin, le Rancho de cantadores de Aldeia Nova São Bento. «L’inclure dans mon disque est un témoignage de gratitude et d’admiration, explique-t-il. Le groupe répétait en face de la maison de ma grand-mère, et quand j’étais enfant, je les ai très souvent entendus.»
Formé au conservatoire régional, António Zambujo se spécialise en clarinette, avant de tâter de la guitare dans une école de jazz. Le chant viendra plus tard. «Deux voix m’ont donné envie de chanter,précise-t-il, cel le de Chet Baker et celle de João Gilberto.» Deux sommets de l’intimisme.
Engagé dans une maison de fado d’Alfama, le quartier de Lisbonne où serait né ce chant lancinant, il est choisi pour une comédie musicale sur la vie d’Amália Rodrigues, où il interprète le premier mari de la chanteuse. Son coup d’essai sera strictement fado, les disques suivants introduiront d’autres influences, en particulier les cadences du Brésil, pays où il est un des rares artistes portugais à avoir su s’imposer.
«J’ai eu beaucoup de chance, dit-il modestement. Caetano Veloso avait fait l’éloge de mon disque Outro Sentido dans sa chronique dominicale du quotidien O Globo, lue par des millions de personnes. Lors de mon premier voyage là-bas, j’ai été reçu dans les talk-shows les plus regardés de la télé. Et pour mon premier concert à Rio, Caetano Veloso, Milton Nascimento et Ney Matogrosso étaient dans la salle !»
Dans Quinto, deux chansons lui ont été offertes par des Brésiliens, Márcio Faraco et Rodrigo Maranhão, auteur de la sublime Maréqui clôt le disque. Lui-même compose plusieurs titres, qu’il chante de sa voix de soie, au charme et à l’élégance inimitables.
ANTÓNIO ZAMBUJO CD : QUINTO (World Village/Harmonia Mundi). En concert demain à Sablé- sur-Sarthe (72), le 8 février à l’Alhambra (75010) dans le cadre du festival Au fil des voix, le 9 à Metz (57), le 6 avril à l’Institut du monde arabe (75005).


Source : Libération, 17 janvier 2013 

Ils en parlent









On aime beaucoup
Avec ce cinquième album, la voix la plus fondante de la saudade portugaise affirme à nouveau sa patte si singulière : celle d'un fado sans emphase, pétri de douceur et d'élégance, qui sonne bien davantage comme de la bossa-nova. Son Fado desconcertado (« Fado désaccordé ») d'ouverture donne le ton : moins fleuri que sur le disque Guia, résonnant d'une allégresse plus perceptible. Ailleurs, les clarinettes s'autorisent des interventions plus marquées au milieu des trois guitares (basse, classique, portugaise). Les ponctuations narquoises de la clarinette basse donnent un piquant irrésistible à Algo estranho acontece (« Il se passe quelque chose de bizarre »), l'une de deux chansons de Pedro da Silva Martins, du groupe Deolinda, qui narre en mode aigre-doux le quotidien du Portugal des années 1960.
On apprécie tout autant la rugosité funky du cavaquinho (dans l'alerte Flagrante,très brésilien), la plainte rock déchirée de la guitare électrique (Lambreta), ou encore la rudesse solennelle d'un choeur de cante alentejano (O que é feito dela ?). Mention spéciale à l'entêtant Fortuna, signé Márcio Faraco. — Anne Berthod

| 1 CD World Village/Harmonia Mundi.
Le 05/01/2013
Anne Berthod - Telerama n° 3286