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Lire la musique portugaise


L'été, on peut lire les derniers Marc Levy ou Guillaume Musso allongé sur sa serviette. On peut aussi travailler sa mémoire avec des mots croisés ou des sudoku. On peut aussi ne rien faire, et attendre calmement que le soleil vienne teinter notre peau. Chez Ovo, on a une proposition pour lire, travailler sa mémoire et bronzer à la fois: une sélection de livres, en portugais, qui traitent de la musique portugaise ou de certains de ses interprètes. 


Adriano Correia de Oliveira:
- O Adriano Correia de Oliveira que eu conheci de Pinto Soares (2011 / Mais Leituras)

- Adriano Correia de Oliveira 1942 - 1982 - Um trovador da liberdade de Mário Correia (2012 / Estratégias Criativas)

L'oeuvre la plus complète sur l'un des plus grands artistes portugais du XXème siècle  malheureusement trop oublié. Divisé en trois parties, le livre retrace le parcours et l'oeuvre d'Adriano, il regroupe ensuite différentes interviews réalisées auprès de ceux qui l'ont connu et compile finalement tous les textes qu'il a écrit ou chanté au long de sa trop courte carrière ainsi que la discographie la plus complète à ce jour. Un livre indispensable.

Amália Rodrigues:
- Amália - Uma biografia de Vítor Pavão dos Santos (2005 / Presença)

António Variações:

- António Variações - Entre Braga e Nova Iorque de Manuela Gonzaga (2006 / Âncora)

Il s'agit du premier livre sur le musicien et chanteur emblématique des années 80. Bien que n'ayant enregistré que deux albums et un single, Antonio Variações aura profondément marqué la musique et la société portugaise avec un style inconnu alors et une position subversive pour l'époque. Avec ce livre, Manuela Gonzaga nous invite dans un voyage à travers la réalité de la vie portugaise des années 40 aux années 80 à travers la carrière d'une des étoiles filantes de la musique portugaise. 

Buraka Som Sistema:
- Estórias de amor para meninos de cor de Kalaf Ângelo (2011 / Caminho)

Fado:

- A origem do Fado de José Alberto Sardinha (2011 / Tradisom)

L'auteur a mené une profonde investigation dans les racines de la plus célèbre des musiques portugaises. Le Fado trouverait ses origines dans une tradition du XVIème siècle: le chant narratif. Tout aurait commencé avec les chanteurs ambulants qui, à la fois chanteur et "journalistes", clamaient sur les places de marché et les foires les derniers événements de la vie portugaise. Les thèmes de l'époque? Déjà la tristesse, la vie de tous les jours, les crimes et les déceptions amoureuses... 

Filarmonica Fraude:
- E tudo acabou em 69 de Rui Miguel Abreu (2013 / Guerra e Paz)

General:

- Enciclopédia da Musica em Portugal no Século XX (en 4 volumes) de Salwa El-Shawan Castelo-Branco (2010 / Temas e Debates)

Dix ans de travail mené par l’Institut d’Ethnomusicologie de l'Université Nouvelle de Lisbonne ont amené à cette gigantesque encyclopédie de plus de 1200 pages réparties en 4 volumes. De la musique classique au hip-hop, du folklore au Fado, du jazz au rock, d'Amalia Rodrigues à Moonspell, de Xutos e Pontapés à Quim Barreiros, ce livre voyage à travers tous les styles et toutes les décennies du siècle passé. Une oeuvre gigantesque que l'on consultera pour aborder de nouveaux horizons musicaux.

Hip Hop:
Ritmos e Poesia - Os Caminhos do Rap de António Concorda Contador et Emanuel Lemos Ferreira (1997 / Assírio & Alvim)

João Aguardela:

João Aguardela - Esta vida de marinheiro de Ricardo Alexandre (2011 / Quidnovi) 

Des chants populaires aux pulsations qui marquent la vie contemporaine  de l'underground aux festivals, des racines punk-rock à un nouveau Fado: João Aguardela aura touché à tout, apportant à chaque fois son goût du risque et de l'innovation mais surtout son respect pour les traditions. Un livre sur une autre étoile filante de la musique portugaise, passée les Sitiatos, Linha da Frente, Megafone ou A Naifa.

Jorge Palma:
- Na palma da mão - Jorge Palma - Biografia oficial de Pedro Teixeira (2008 / Prime Books)

José Afonso:
José Afonso: o que faz falta - Uma memoria plural de José Fanha et José Jorge Letria (2004 / Campo de Letras)

- As voltas de um andarilho - Fragmentos da vida e obra de José Afonso de Viriato Teles (2009 / Assírio & Alvim) 

Qualifié de "reportage biographique" par son auteur, ce livre rapporte plusieurs étapes et fragments de la vie de José Afonso.   La première ébauche de ce livre était sortie il y a presque 30 ans, la première édition du livre a déjà une dizaine d'années et c'est donc une réédition que nous offre Assírio & Alvim, dans une version corrigée et bien entendu enrichie. Un livre également indispensable, peut-être le plus complet sur José Afonso. 



- Fotobiografias do século XX - José Afonso de Irene Flunser Pimentel (2009 / Temas e Debates)

Legendary Tigerman:
In Cold Blood - A sangue frio de Paulo Furtado (2004 / Subotnick Enterprises)

Moonspell:
- Fotobiografia - XX anos Moonspell de Fernando Ribeiro (2013 / Saída de Emergência)

Quarteto 1111:
- As Lendas do Quarteto 1111 de António Pires (2007 / Ulisseia)

Rock Portugais:
- Bookstage - Nos bastidores do rock português de Luis Silva de O (2012 / Chiado)
- Memorias do rock português (en 2 volumes) de Aristides Duarte (2010 / Edition d'Auteur)

Sério Godinho:
- Retrovisor - Uma biografia musical de Sérgio Godinho de Nuno Galopim (2006 / Assírio & Alvim)
- Caríssimas 40 canções - Sérgio Godinho e as canções dos outros de Sérgio Godinho (2012 / Abysmo)
- Sérgio Godinho e as 40 ilustrações de Vários Autores (2012 / Abysmo)

Xutos e Pontapés:
Xutos e Pontapés - XX anos de Vários Autores (1999 / 101 Noites)

- Conta-me historias de Ana Cristina Ferrão (2009 / Assírio & Alvim) 

A travers ce livre riche en anecdotes, c'est l'histoire d'une jeunesse qui nous est contée. Une jeunesse qui arrive juste après la révolution des œillets et qui se cherche une identité, une culture et un groupe social. C'est le punk qui unira cette jeunesse, et du punk naîtra celui qui est encore aujourd'hui considéré comme le plus grand groupe de rock portugais de tous les temps. Une mise à jour serait méritée pour  ce très bon livre de Ana Cristina Ferrão.

Zé Leonel:
- Estórias (daquelas que eu vi) de Zé Leonel (2010 / Chiado)

Liens:

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Tournée des disquaires à Lisbonne

Ah Lisbonne... Lorsque l'on prépare un séjour à Lisbonne, on organise ses journées de telle façon à pouvoir aller déguster les meilleurs Pastéis de Nata du monde à Belém, à savoir quel tramway prendre pour rejoindre le Castelo de São Jorge ou encore où déguster les meilleurs vins portugais (au hasard on citera Old Pharmacy). Les guides touristiques sont un excellent support pour passer un bon séjour dans la capitale portugaise. Malheureusement, ces guides ne pensent pas toujours aux passionnés de musique qui souhaiteraient consacrer quelques heures à la recherche de bons disques portugais. Ovo a pensé à ces gens-là et vous propose son itinéraire pour être sûr de dépasser le poids autorisé lorsqu'il s'agira de prendre l'avion du retour!

Notre périple commence au bas des escaliers de la Calçada do Duque (métro Rossio ou Restauradores). Pour se donner du courage avant de gravir ces marches, on peut boire un verre de ginja, une liqueur de cerise habituellement servie dans un petit verre en chocolat. La montée commence donc, avec un premier arrêt à la porte 17A.

Magic Bus, Calçada do Duque 17A
Mardi au Jeudi 13:30-19:30 - Vendredi, Samedi et Lundi 16:30-20:30 - Fermé le Dimanche

Le magasin Magic Bus se situe au bas de la Calçada do Duque dans un espace plutôt petit. Les bacs de cd et vinyles offrent un bon choix de nouveautés, rééditions ou d'occasions. N'hésitez pas à consulter le gérant Pedro Anjos si vous recherchez quelque chose en particulier. Pour information, la boutique tient également un stand sur la Feira da Ladra (marché aux puces chaque samedi et jeudi dans Alfama,) ainsi qu'au LX Market qui se tient chaque dimanche à la LX Factory. Dans une ancienne usine de textile aujourd'hui réhabilitée, vous trouverez des boutiques de créateurs, du vintage, des restaurants de cuisine fusion, la très belle libraire Ler Devagar (et sa sélection de disques à l'étage), la boutique du mythique label Orfeu ou la pâtisserie Landeau, réputée pour offrir à sa clientèle le meilleur gâteau au chocolat de Lisbonne (approuvé par Ovo). Ce lieu est une excellente alternative pour du shopping intelligent et original. Bref, veillez à ne pas sortir de Magic Bus les bras trop chargés car la montée des marches et la tournée n'en sont qu'à leur début! Poursuivons donc à gravir la Calçada do Duque, à mi-chemin pensez à vous retournez et faire une belle photo du Castelo de São Jorge. Nous arrivons enfin au 53A.

Discolecção, Calçada do Duque 53A
Lundi au Vendredi 13:00-20:00 - Fermé le week-end

Chez Discolecção, Vitor Nunes, le maître des lieux, ne propose que des vinyles. Fin connaisseur, Vitor pourrait vendre certains de ses disques une petite fortune mais il n'en est rien, la spéculation ne passe pas par cette porte! On y trouve une large sélection de jazz, spécialité de l'endroit, et un bac consacré aux Beatles. Ovo y a trouvé quelques perles à des prix qu'il n'a revu dans aucune autre boutique (des Antonio Variações, José Afonso et Fausto). On y passe facilement une bonne heure et on risque de sortir les bras chargés, tant les affaires sont nombreuses. Il ne faut pas hésiter à laisser traîner ses oreilles autour des habitués du lieu, généralement postés devant l'entrée avec une Sagres à la main. Information très utile: Vitor Nunes parle français, ce qui est une bonne nouvelle pour qui ne parle pas portugais. L'autre bonne nouvelle, c'est que Discolecção se trouve quasiment tout en haut de la Calçada do Duque et qu'à partir de maintenant, ce n'est que de la descente! 

Pour les moins courageux qui voudraient s'éviter cette montée, deux autres alternatives s'offrent à vous. 
Option 1, vous pouvez commencer à la station Rato, descendre la rua da Escola Politecnica jusqu'au jardin du Principe Real. Ici, vous commencerez par boire un verre au très surprenant bar Pavilhão Chinês et entrer dans les diverses libraires, brocantes qui se trouvent sur la rua Dom Pedro IV. Une pause déjeuner au restaurant argentin La Paparucha est possible, tout comme une pause photo au jardin de São Pedro de Alcântara
Option 2, vous commencez à la station Restauradores, prenez l'impressionnant funiculaire de Gloria et rejoignez le jardin précédemment cité. Vous descendez la rue du même nom puis la rua Nova da Trindade. Autre pause déjeuner possible à la Cervejaria Trindade. Situé dans un ancien couvent, on y faisait la meilleure bière de Lisbonne. Il n'y aujourd'hui plus de sœurs ni de moines, mais le jardin ombragé ainsi que la salle principale avec ses sublimes peintures murales justifient que l'on paie ses plats un peu plus chers que dans un restaurant plus "traditionnel". 

Mais revenons à nos disquaires. Voici deux adresses incontournables, face à face au bas de la rua Nova da Trindade, au 8A et au 5. 

Louie Louie, Rua Nova da Trindade 8A
Lundi au Samedi 11:00-20:00 - Dimanche 15:00-20:00

Louie Louie tout d'abord. Avec deux autres magasins à Braga et Porto, c'est sans doute le disquaire indépendant le plus connu au Portugal. Il y a un très grand choix de cd, vinyles originaux et réédités et dvd musicaux. La sélection est très éclectique avec tout ce qui se fait en rock, électro, hip-hop, pop et bien sûr en musique portugaise, ancienne et contemporaine. 
Les deux personnes derrière le comptoir sont des figures de la musique et de la nuit portugaise, l'un étant même dj et manager du label Discotexas.  Les nombreux flyers sur les présentoirs vous indiqueront où sortir, où écouter de la bonne musique et dans quelles soirées vous rendre. L'accueil est chaleureux. Pour information, le site Internet est régulièrement mis à jour et reflète bien le stock physique présent en magasin, peu de risques de mauvaise surprise si vous aviez déjà repéré quelques petites choses. Ovo y a encore trouvé quelques perles de Sérgio Godinho et Luis Cilia ou encore un des derniers exemplaires de l'excellent Titans des Black Bombaim. Enfin, et c'est une excellente nouvelle, suite à la présentation d'Ovo au gérant, celui-ci invite le public habitant en France et intéressé par des disques à lui envoyer un email pour connaître les meilleures conditions de vente (en précisant que vous venez de la part de Ovo). 

Les bras maintenant sérieusement chargés, traversons la rue...

Sound Club Store, Rua Nova da Trindade 5
Lundi au Samedi 14:00-20:00 - Fermé le Dimanche

...pour entrer dans un véritable musée du disque. Là encore, une très grande quantité de vinyles, essentiellement, mais aussi des cd et des dvd musicaux. Des milliers d'occasions, uniquement, réunies sur deux boutiques. 

Sound Club Store est tenu par Alexandre Barbosa, né en France et est surtout l'un de ceux qui passent le plus de disques dans les nuits de Lisbonne. Perdu dans un centre commercial à l'abandon, la boutique propose en réalité la collection personnelle du gérant soit des milliers de disques en tous genres, du groupe indie actuel au chanteur de Fado méconnu des années 60. Le plus impressionnant c'est que Alexandre Barbabosa sait précisément où se trouve chaque disque. Pour l'anecdote, Ovo cherchait un double vinyle de Adriano Correia de Oliveira, le disque Mémorias. Alexandre le trouve facilement à l'étage. En revenant à la boutique il s'avère que le single qui accompagne Mémorias est manquant. Alexandre retourne voir si il le retrouve à l'étage et... revient avec le 45t à la main! Ovo demande si l'album live de Getz/Gilberto est également en magasin, réponse d'Alexandre: "oui je l'ai, il est à l'étage". Et effectivement, c'était le cas. 
Autre anecdote, pour enrichir les bacs, il n'est pas rare que le maître des lieux rachète des collections personnelles, y compris d'artistes... C'est ainsi qu'Ovo est reparti avec l'album Madrugada dos Trapeiros de Fausto dédicacé par celui-ci à... Rão Kyao, autre monstre de la musique portugaise (c'est un peu comme dénicher un album de Léo Ferré dédicacé pour Brassens)! 

Tout ça pour vous encourager à interroger le propriétaire des lieux, lequel est doté d'une connaissance musicale hors du commun et d'une gentillesse et d'un sens du commerce devenus très rares! N'hésitez pas non plus à lui demander où il est prévu qu'Alexandre Barbosa joue, histoire de prolonger les découvertes musicales autour de quelques verres ou sur la piste de danse.  

Cette fois, un arrêt par l'hôtel peut devenir indispensable et la station Chiado tombe à pic. Pour les plus persévérants, la descente se poursuit mais une pause café à la table de Fernando Pessoa s'impose. La terrasse du café A Brasileira, sur votre gauche en descendant est dotée d'une statue du célèbre écrivain. Un peu plus loin, nous vous conseillons de visiter la boutique A Vida Portuguesa, laquelle propose un retour dans le temps en commercialisant des objets du quotidien portugais des années 50/60. On retourne ensuite à la Rua do Alecrim avec ses anciennes librairies et sa boutique de bande-dessinés BD Mania près de la caserne des pompiers. Admirez la vue et entamez la descente. Soyez attentif toutefois, notre prochaine étape est un peu cachée le long du trottoir de droite. Vous voyez cette enseigne bleue au 21A? Stop, c'est ici.

Trem Azul, Rua do Alecrim 21A
Lundi au Vendredi 10:19:00 - Samedi 14:00-19:30 - Fermé le Dimanche

Certains l'auront déjà deviné, Trem Azul est un hommage à John Coltrane et son célèbre disque Blue Train. Tous l'auront maintenant deviné, ce disquaire est spécialisé dans le jazz. Les amoureux de cette musique trouveront donc certainement leur bonheur avec une jolie sélection de vinyles et de cd, en neuf et en occasion. Le jazz portugais est également à l'honneur avec les disques de Sara Serpa, Tiago Sousa, Rafael Toral, Carlos Bica ou Julio Resende dont nous vous avions déjà parlé. 
La boutique est également affiliée au label jazz Clean Feed, l'un des plus célèbres du moment mais Ovo reviendra bientôt vous en parler. 

Normalement à cette étape-ci vous envisagez d'échanger votre carte de transport Viva Viagem par un taxi, histoire d'économiser des forces pour le soir. On espère donc que la journée aura été riche en découvertes musicales, en rencontres et que vous avez complétés votre agenda de quelques soirées où vous pourrez découvrir le meilleur de la scène actuelle portugaise. Avant de rentrer, on vous invite à déguster des boîtes de sardines, de thon et autres au Sol e Pesca dans un cadre très pittoresque. 

Quoi? Vous n'en avez pas encore assez? Bon alors on descend jusqu'à Cais de Sodré et on se dirige vers Santa Apolonia. C'est là, entre le Musée du Fado, le restaurant Bica do Sapato et le célébrissime club Lux que se trouve le disquaire le plus pointu de Lisbonne.

Flur, Santa Apolonia Armazém B Loja 4
Lundi au Samedi 13:00-20:00

Juste à côté de l'embarcadère des ferrys se trouve donc Flur. Avec sa sélection très pertinente en hip-hop, rock, pop, jazz et électronique, le magasin vous permettra peut-être de trouver LE disque que vous n'espériez plus voir un jour en vente. Par ailleurs, c'est également ici que vous trouverez le meilleur des labels indépendants portugais comme le EP Não é um Projecto d'Alex d'Alva Teixeira édité sur Flor Caveira, Filho da Mãe sur Rastilho Records ou de nombreuses éditions d'auteurs très confidentielles. Là encore, demandez conseil car il y a de très belles découvertes à faire. Les vinyles sont également de la partie : des originaux et des rééditions, dont les très belles de Carlos Paredes sur Drag City.

Vous en voulez encore? Alors prenons un métro pour rejoindre la station Avenidas! 

Carbono, Rua do Telhal 6B
Lundi au Samedi 11:00-19:00 - Fermé le Dimanche

Carbono est réputé comme étant le plus grand disquaire au Portugal. On y trouve en effet un très large choix de cd, dvd, vinyles, livres neufs et d'occasion ainsi que du merchandising. Des groupes se produisent régulièrement en concert dans le magasin, lequel prête également ses murs lors d'expositions. L'accueil n'est pas toujours exceptionnel, les prix sont dans la normale mais c'est un lieu où l'on peut facilement perdre plusieurs heures dans les différents bacs et rayonnages. Le site Internet est quant à lui très loin du niveau du magasin et ne vous donnera aucune information sur le stock disponible (peut-être en aurez-vous en les contactant par email). C'est en tout cas l'endroit idéal pour conclure - définitivement - cette tournée des disquaires. On vous souhaite maintenant de trouver rapidement un taxi pour rentrer à votre chambre d'hôtel et commencer à envisager la meilleure manière de répartir le poids de vos trouvailles entre vos différents bagages. 

NB: Les adresses et horaires des magasins indiqués sur cette page sont donnés à titre indicatif, si impératifs n'hésitez pas à visiter les différents sites Internet de ces disquaires ou même à les contacter. Vous pouvez également consulter ce document de 2009 qui mériterait d'être mis à jour. N'hésitez pas non plus à contacter Ovo pour plus d'informations, plus d'adresses ou des conseils sur quoi faire à Lisbonne. Bon séjour!

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La légende de Orfeu
Né au milieu du XXème siècle, c'est une sorte de résurrection que connaît ce mythique label. Débuté avec un enregistrement du poète Miguel Torga, le catalogue se sera construit d’œuvres des plus grands noms de la musique et de la poésie portugaise: José Afonso, Adriano Correia de Oliveira, Fausto, Sophia de Mello Breyner ou Aquilino Ribeiro. Aujourd'hui âgé de 77 ans, le fondateur de Orfeu revient sur l'histoire du label, explique son importance sur la vie sociale et politique portugaise et trace les lignes du futur du label.  Le texte suivant est une traduction libre d'un article de Mario Lopes paru dans le supplément culturel Ipsilon le 04/08/2011 (édition chaque vendredi avec Publico). Le lien du texte original est disponible à la fin de ce texte.

Un jeune homme de 18 ans se met en route, direction Miramar, Vila Nova de Gaia, pour parler avec un seigneur de la poésie, également connu pour sa réserve et son caractère difficile. Le jeune homme ne se laisse pas intimider  Il frappe à la porte, explique le pourquoi de sa venue. Je veux vous enregistrer clamant vos propres poèmes. Le plus compliqué des poètes, Miguel Torga, le reçoit et l'écoute. "Les poètes sont souvent mal interprétés par les diseurs car ils l'interprétation théâtrale qu'ils en font fait perdre le côté intimiste des poèmes" explique le jeune homme. Il lui montre des disques de Jean Cocteau pour appuyer son argumentation. Le jeune homme quitte la maison de Miramar avec une récompense de poids. Tout juste monté, le label fera de cet enregistrement sa première édition. "Quand nous avons crée la section disques, j'ai naturellement commencé par le plus dur. C'est bien ainsi qu'il faut faire, non?" lance Arnaldo Trindade, jeune homme âgé aujourd'hui de 77 ans.

Ce fût donc d'abord Miguel Torga. "Et comme qui avait Miguel Torga avait tous les autres", ce furent José Régio, Eugénio de Andrade, Sophia de Mello Breyner, Jaime Cortesão, Aquilino Ribeiro ou Ferreira de Castro qui rejoignirent Orfeu. Ce fût enfin un artiste orphelin, censuré par les radios, les labels et bien sûr l'état, un artiste en quête d'une maison où éditer ses disques: José Afonso. "Il était si merveilleux, politisé certes, mais si intelligent" qu'Arnaldo Trindade n'a pas hésité. En 1968, José Afonso enregistre son premier album chez Orfeu. "Et qui avait José Afonso avait tout". C'est chez Orfeu que José Afonso a enregistré la majeur partie de sa discographie. C'est chez Orfeu que Adriano Correia de Oliveira a sorti tous es disques. C'est encore chez Orfeu que Vitorino a été entendu pour la première fois, que les Pano Cru et Campolide de Sérgio Godinho sont sortis, tout comme le Blackground de Duo Ouro Negro. 

Le premier chapitre de Orfeu s'écoule des années 50 aux années 80. Les premières lignes du second chapitres datent de 2010, de nouveaux disques rejoignent les bacs. De cette entretien avec Arnaldo Trindade, c'est à travers le premier chapitre que se fera ce voyage. 



Voir plus loin 

Fils d'un négociant en électroménager solidement implanté au cœur de Porto, Arnaldo Trindade  grandira dans une ambiance particulière. A la fin des années 50, la période post-guerre et l'esprit anticonformiste donnent naissance à toute une phase de renouveau artistique. C'est ainsi qu'est crée le Cineclube de Porto où Arnaldo Trindade découvrira différents courants cinématographiques comme le néo-réaliste italien et le romantisme français. Le Théâtre Expérimental de Porto, dont Arnaldo Trindade sera l'un des fondateurs, est également crée. Il y a encore l'école des Beaux-Arts dont un membre, Isolino Vaz, travaillera chez Orfeu. Arnaldo Trindade était au milieu de tout ça. "Chaque lundi, j'allais dîner au Escondidinho avec  Manoel de Oliveira, José Régio, Alberto Serpa, António Lopes Ribeiro", dit-il. C’était des cercles de réflexions organisés par le directeur du journal "O Primeiro de Janeiro", Manuel Pinto de Azevedo, "où l'on discutait de tout": les arts, la politique, la vie. "Tous étaient contre le régime politique en place", assure-t-il. "Je pense que personne à l'époque ne supportait vraiment le régime. Franchement, avec l'esprit créatif et rénovateur qui se développait, qui voulait paraître rétrograde?" Certainement pas Arnaldo Trindade.

Lui qui passait un mois de vacances par an aux États-Unis, qui connaissait Londres et Paris, qui avait vu beaucoup de choses. "Le grand avantage d'avoir vécu au Portugal c'est que l'on pouvait voir les bons et les mauvais côtés du futur." Quand son père décède, Arnaldo Trindade abandonne les études et reprend l'entreprise familiale. Il commence également à appliquer le futur qui lui avait été montré. Nous sommes dans le Portugal des années 50. 

Il enregistre les artistes de jazz qui habitent Porto et les artistes majeurs de passage pour des concerts à Porto. Ces enregistrements se font avec la meilleure technologie de l'époque et il embauche des designers pour réaliser les pochettes des disques. Il a déjà une certaine vision du commerce. Ainsi et pour augmenter les ventes il commandera des milliers de platines vinyles en France puis mettra une promotion en place: pour dix enregistrements achetés, la platine était offerte. Il a le "sentiment d'avoir une mission" à accomplir: "nous avions le magasin d'électroménagers et avions les reins solides financièrement. Orfeu était mon passion. On a réussit grâce à notre passion, car commercialement il n'y avait aucune logique à tout ça". C'est cette passion qui attirera les meilleurs.

Arnaldo Trindade emmènera Miguel Torga aux premiers studios d'enregistrement de Orfeu. Dans une des cabines du magasin d'électroménager, bien après minuit pour éviter les bruits de la rue, l'auteur de Bichos lira Ode à Poésia. A l'écoute de sa propre voix, le poète a été submergé d'une telle émotion que sa femme, Andrée Cabrée, a du le réanimer avec une injection de coramine glucose.

Après les poètes, les musiciens de jazz et la scène musicale de Porto, Arnaldo Trindade élargit sa palette en obtenant des contrats de distribution avec, par exemple, les anglais de Pye Records,  Tamla Motown ou la française Vogue, ce qui lui permettra de faire jouer Françoise Hardy à Porto.

 Esprit de famille 

La relation entre Orfeu et la musique portugaise prend ses contours définitifs quand les guitaristes António Portugal, personnage influent dans la rénovation de la chanson de Coimbra, et Rui Pato, qui accompagnera José Afonso à ses débuts, informent Arnaldo Trindade de l'existence d'un chanteur incroyable qui débute à Coimbra. "La rencontre avec Adriano Correia de Oliveira fut un moment capital", confie-t-il. Avec le chanteur de Trova do vento que passa, qui jusqu'à sa mort à 40 ans aura enregistré tous ses disques sur le label, c'est tout une génération d'artistes qui allaient profondément rénover la musique portugaise tout en s'affirmant comme la voix de la résistance au fascisme. Adriano amenait avec lui José Niza qui deviendra une pièce angulaire du label  aux côtés de José Calvário, musicien, producteur et compositeur. C'est à cette même période que José Afonso a frappé à la porte. 


Orfeu s'est ensuite diversifié et, pour continuer à avancer, s'est assuré un confort économique avec des disques de groupes plus "populaires mais sans donner dans le populaire de basse qualité". Ces sorties lui permettront d'élargir son public. Parallèlement, Arnaldo Trindade organise en 1969 la première convention sur l'industrie du disque au Portugal. Cet événement attirera à Ofir la revue Billboard et des professionnels ou groupes du monde entier comme les Status Quo ou les Long John Baldry, groupe dans lequel jouait un pianiste aujourd'hui connu sous le nom d'Elton John. 

Arnaldo Trindade dirigeait le label avec discipline tout en conservant un esprit familial et une bonne dose d'improvisation et d'excentricité. En 1967 et après la victoire de Sandie Shaw à l'Eurovision, une caravane de six voitures emmenée par Arnaldo Trindade rejoint Paris, charge les coffres avec les EP de la chanteuse et revient les vendre au Portugal avant même que Valentim de Carvalho n'en ai dans ses magasins. 

Révolution en route 

José Afonso, Adriano Correia de Oliveira et beaucoup d'autres artistes du label défendaient la gauche révolutionnaire. Arnaldo Trindade, lui, défendait un "modèle démocratique à l'américaine"  qu'il avoue aujourd’hui "avoir du mal à définir". Quoi qu'il en soit, ils étaient tous du même côté. "Il était nécessaire d'aller de l'avant pour réussir à changer le système, pour concrétiser cette utopie que nous défendions, d'une société plus égalitaire. Notre politique était l'utopie". 

Arnaldo Trindade, en tant qu'éditeur et responsable des éditions aux yeux de la PIDE, assumait ses responsabilités sans aucuns problèmes. Et pour cause, bien que dans "certaines situations plus délicates" il ait eu à cacher certains disques sous le lit de ses enfants, "l'unique disque interdit" qu'il possédait était "Je t'aime, moi non plus", de Serge Gainsbourg et Jane Birkin (ce disque lui sera retiré par un officiel de la PIDE, lequel lui réservera trois ou quatre disques pour lui-même.

Était-ce une utopie? Affirmatif. Arnaldo Trindade ne regardait pas aux dépenses. José Afonso et Adriano Correia de Oliveira bénéficiait d'un généreux salaire mensuel, avec pour seule obligation d'enregistrer un disque dans les délais convenus. Les artistes souhaitaient ce qu'il y avait de mieux et c'est ce que Orfeu leur offrait. "A un moment, nous avions José Afonso au Château d'Herouville (dans les Strawberry Studios, où avaient également enregistrés les Rolling Stones) avec José Mário Branco à la production, nous avions Adriano Correia de Oliveira à Londres chez Pye Records et José Cid chez Vogue à Paris".


Cantigas do Maio (album mythique de José Afonso sorti en 1971, sur lequel figurent Grândola Vila Morena ou Canto da Primavera) a coûté un million d'escudos à l'époque. "Mais c'est le meilleur disque portugais de tous les temps" dit-il fièrement. Et, bien entendu, c'est le plus important pour lui. 

Quand il s'apprêtait à sortir Operário Em Construção, LP de 1972 sur lequel Mário Viegas, accompagné de José Calvário (compositeur résidant de Orfeu), José Luís Tinoco et José Niza, interprète des poèmes de Vinicius de Moraes, Bertold Brecht ou Manuel Alegre, plusieurs de ses amis lui ont dit qu'il "était fou" et que c'était une imprudence (la révolution n'était pas encore arrivée). "Mais pourquoi ne pas enregistrer? C'est si beau" a-t-il répondu. Il a donc enregistré, et édité. 

 

Deux ans plus tard, le 25 avril sera annoncé par E Depois do Adeus et Grândola Vila Morena. Curieuse coïncidence: ce sont deux enregistrements de Orfeu.

Dans l'histoire du label, en plus de ce qui a été précédemment cité, on retrouve l'album de José Cid  10.000 Anos Entre Vénus e Marte considéré comme l'un des plus grands albums de rock progressif de tous les temps, des chansons victorieuses des Festivals de la Chanson (grand concours annuel où était élue la chanson de l'année et par lequel sont passés une grande partie des artistes populaires portugais) comme E Depois do Adeus ou Festa da Vida de Carlos Mendes, Madrugada de Duarte Mendes. Reste toute une histoire à découvrir, celle des poètes, qui aura été le premier amour de Arnaldo Trindade.  


Il n'eut aucune rancœur lorsqu'il conclut le premier chapitre de cette aventure, aucun manque. Il affirme ne posséder aucun disque du label auquel il a consacré trente ans de sa vie. Il a en revanche beaucoup de livres et des dédicaces "Arnaldo Trindade, à qui tant je dois tant de poésie" signé Ary dos Santos et "Avec adversité, mas aussi avec admiration" de José Afonso. 

Ce qui l’intéresse se sont les mémoires et les transmettre à qui en voudra. "La plus grande fierté et d'avoir réussit à faire" dit-il. "Tout ce qui apparaît, disparaît, et nous avons disparu au zénith" 

Et aujourd’hui il renaît

L'annonce a été faite fin 2010: Orfeu revient. Orfeu, tout le monde se souvient du logo sur les albums des José Afonso. C'est précisément là que le label renaît d'ailleurs. Le 2 août 2009, l'auteur de Os Vampiros aurait fêté 80 ans et Movieplay avait proposé à Pedro Passos de mettre en route une compilation en hommage à l'artiste disparu. Le projet a manqué de temps et est resté à une phase de réflexion. Une autre réflexion s'est jointe à la première: pourquoi ne pas relancer Orfeu?


La réflexion s'est transformé en réalité avec la sortie de REintervenção, l'album hommage, et Onde mora o mundo de JP Simões et Afonso Pais. Il y eut ensuite les rééditions de Operário em Construção/País de Abril de Mário Viegas puis Confidencial/Proibição de Voltar à Direita de l'humoriste Mena Matos. Ces premiers lancements révèlent la stratégie du nouvel Orfeu: un juste mélange de nouvelles éditions et la récupération de l'héritage soit par des rééditions en CD ou par la sortie de matériel inédit. Il y ainsi un projet d'album avec une collection de poèmes récités par leurs propres auteurs, qui constitue une grande partie des inédits Orfeu. 


Depuis la stratégie s'est confirmée avec les sorties de disques récents comme Heavy Mental de Vitor Rua, Mais Um Dia de Pedro Esteves, First Falls de Filipe Raposo Trio et les rééditions de Antologia da Mulher Poeta Portuguesa par Eunice Munoz et de toute la discographie de José Afonso en CD. Autres rééditions prévues, le tout premier album du label Miguel Torga por Miguel Torga (cla musique de Filipe Raposo), les quatre premiers albums de Vitorino et Por Quem Sempre Combateu de José Manuel Osorio.

Orfeu est mort. Vive Orfeu!

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Offbeatz, l’agitateur d’ADN de la nuit lisboète.

Elle est l’une des figures les plus glamours et gainsbouriennes de la nuit lisboète. Elle est jeune, pétillante et a une volonté féroce de faire bouger les choses. Elle, c’est Sara Ribeiro, 25 ans et déjà un long parcours professionnel dans le domaine de la communication (Discodigital, Dance Club, Myspace Portugal, TVI24 online ou encore reporter à 'Voz de Portugal' sur RTP). Aujourd’hui elle occupe les postes de productrice, programmatrice et présentatrice de Offbeatz. Nous l’avons rencontrée pour nous parler de ce projet innovant dans le panorama de la musique portugaise.

Sara Ribeiro, productrice/programmatrice/présentatrice de Offbeatz
Offbeatz est né en mai 2010 dans la tête de Rui de Brito (Directeur créatif et exécutif de Subfilmes et LABZ) et fait partie du Labz Network, concept visant à dynamiser les nuits de Lisbonne à travers différents domaines artistiques. Sara Ribeiro nous confirme que Offbeatz est né d’un manque : "les gens ne sortaient que le vendredi et le samedi, l’offre durant la semaine était quasi-inexistante. Rui de Brito a d’abord créé des soirées autour du thème du cinéma, Shortcutz. Chaque mardi, ce sont plusieurs court-métrages qui sont projetés, l’accès à ces soirées étant libre. C’était le domaine qu'il connaissait le mieux, celui où il avait une longue expérience professionnelle. Et puis un jour, il est venu me voir pour que je prenne la tête d’un mouvement comparable à celui-là, mais autour de la musique." Ainsi est né Offbeatz. 

Concrètement, qu'est-ce que Offbeatz? 
Offbeatz c'est d’abord une idée révolutionnaire par sa régularité, son fonctionnement, ses intervenants et son accessibilité. Offbeatz se définit comme une multiplateforme de découverte, divulgation et de soutien de ce qui se fait de plus excitant et innovateur dans le panorama musical portugais et de tous ses intervenants : groupes, musiciens, maisons de disque, réalisateurs de clips, photographes, etc. Ce concept de promotion de la musique portugaise s’exprime sous différents formats : le club Offbeatz (soirée hebdomadaire dans la salle lisboète Musicbox), un site internet et réseaux sociaux régulièrement mis à jour et une émission sur la chaine câblée SIC Radical.


L’objectif de Offbeatz est de soutenir et de donner un maximum de visibilité à tous les talents dans tous les domaines de la nouvelle musique portugaise. "Nous sentions qu’il manquait quelque chose équivalant au 'Rock Rendez Vous' des années 80, lieu qui avait permis de révéler nombreux groupes et de créer un registre historique de l’époque. L’objectif est qu’il existe des événements populaires pour que les gens puissent découvrir ce qui est à eux : la musique portugaise. Trop souvent ils suivent leurs amis sans faire eux même ce travail de découverte. Il était important pour nous de créer cette idée et cette habitude. Voilà une des raisons pour lesquelles le Club Offbeatz est gratuit et le restera", insiste Sara. 

La partie la plus visible du concept est justement le Club Offbeatz. A chaque soirée, quatre groupes sont invités à faire découvrir leur musique. Deux groupes présentent leur nouveau clip avec présentation et participation de l’équipe technique, "c’est une manière pour nous de montrer et de mettre en avant ces professionnel de l’ombre" et 2 autres jouent quatre titres en live. "L’idée n’est pas de montrer tout leur travail mais de créer un buzz sous forme de showcase". "Le Club Offbeatz est un lieu d’exposition, de divulgation et d’aide aux groupes." ajoute Sara. Les groupes participants profitent de tout le réseau Offbeatz et repartent avec des contenus qu’ils pourront utiliser pour la promotion de leur travail (vidéo, TV, photos,…). Les quatre titres du concert sont disponibles sur le site Offbeatz, ainsi que les interviews réalisées sur place. Chaque semaine, les meilleurs moments sont diffusés sur SIC Radical. Chaque mois, un jury composé de professionnels du cinéma et de la musique (réalisateurs, journalistes, etc..) élit le meilleur clip. A la fin de l’année est élu le meilleur clip portugais de l‘année. 

Depuis sa création en 2010, Offbeatz a permis de faire découvrir plus de 500 groupes. Un vrai travail de fourmi pour les dénicher, même si maintenant "ce sont les groupes qui viennent directement nous voir" nous confie-t-elle. Si Offbeatz se veut être une scène ouverte, elle se fixe un niveau de qualité et désire toucher un maximum d’univers musicaux différents. Le centième numéro du Club Offbeatz s’est déroulé le 13 février dernier dans une salle archicomble. Tout ce que la musique portugaise comptait de meilleur était présent et a montré, s’il était encore nécessaire, l’apport de ce projet dans la divulgation de la musique portugaise. Il est bien loin le temps où Sara et Rui distribuaient des flyers dans les rues du Bairro Alto pour faire parler de Offbeatz. 

Parmi les cent soirées Clubs Offbeatz, certaines resteront dans les mémoires. Comme la fois où Da Chick, petit bout de femme inconnue à l’époque, a surpris tout son monde par son talent et sa fougue. Ou encore la nuit où les Golpes ont présenté leur clip 'Vá Lá Senhora', 3 mois avant la sortie officielle. Mais si elle ne devait en citer qu’une, évidemment ce serait la première qui s’est déroulée dans la salle Fragil au Bairro Alto. 


Et dans le futur ? 
"Nous voulons que Offbeatz se développe, que l'on puisse rémunérer les personnes qui y travaillent." Actuellement, l’équipe est composée d’un groupe d’une vingtaine de bénévoles (éditeurs vidéo, photographes, producteurs, programmateurs…). "Et puis nous voulons surtout que le format s’implante dans d’autres villes européennes, l’idée à long terme est qu’un groupe qui joue dans le Club Offbeatz à Madrid par exemple, puisse le faire dans celui de Lisbonne." Et un 'Offbeatz Paris' un jour ? "On aimerait beaucoup !"

Une chose est certaine, grâce à Offbeatz et plus généralement au Labz –Network, les nuits de Lisbonne ne sont plus tout à fait les mêmes depuis 2010. 

Offbeatz aura permis de faire découvrir tant de groupe qu’il était impossible de quitter Sara Ribeiro sans qu’elle nous conseille cinq groupes portugais. Voici sa liste : B Fachada, League, Buraka Som Sistema, Os Capitães da Areia et Youthless. A vous de les découvrir maintenant.
 Crédits Photos : Estelle Valente

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Réédition de l'oeuvre d'un Artiste majeur 

C'est entre mars et avril 2013 que sera conclue la réédition  des onze albums publiés par José Afonso sur le label Orfeu entre 1968 et 1981, soit la quasi intégralité de son oeuvre. Ces rééditions visent à célébrer les 25 ans du décès de l'artiste disparu le 27 février 1983 à seulement 57 ans.




Initié avec les albums Cantares de Andarilho (1968) et Contos velhos, rumos novos (1969) en avril 2011, Orfeu a suivi l'ordre chronologique en éditant le mois suivant Traz outro amigo também (1970), Cantigas do Maio (1971) et Eu vou ser como a toupeira (1972) puis, en octobre Venham mais cinco (1973), Coro dos tribunais (1974) et Com as minhas tamanquinhas (1976). Ces deux prochains mois verront donc les trois derniers albums Enquanto há força (1978), Fura fura (1979) et Fados de Coimbra (1981) rejoindre les rayons des disquaires. 

Avec António Pinheiro da Silva aux commandes, ces albums ont bénéficié d'une restauration et d'une remastérisation à la hauteur de l'oeuvre de l'artiste. Des notes additionnelles replaçant les chansons et les albums dans le contexte de l'époque ont été ajoutés. Celles-ci permettront aux nouvelles générations de mieux comprendre le rôle et l'importance qu'ont joué l'auteur et des chansons comme A Morte saíu à rua, Maio, maduro Maio, le toujours d'actualité Os vampiros ou, bien sûr, "l'hymne" de la révolution des oeillets Grândola vila morena.

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Optimus Discos ou une vraie (très) bonne initiative pour la promotion d'une certaine musique portugaise


Optimus Discos est peut-être ce qui est arrivé de mieux à la musique portugaise depuis Portugália sur la radio nationale Antena3 avec un point commun entre les deux: Henrique Amaro. Cette figure de la radio et de la musique lusophone est en effet au départ des principales initiatives de promotions de groupes portugais En plus du label Optimus Discos et de Portugália, nous lui devons par exemple les compilations Novos Talentos Fnac qui, depuis 2008, regroupent ce qui se fait de mieux en musique indépendante, la compilation mp3 Acorda!  ou encore 3 Pistas, émissions où les artistes jouent un titre de leur répertoire et une reprise (sortiront deux disques qui compileront les meilleures passages).

Optimus Discos est à la fois une plateforme de téléchargement et un label qui propose la découverte d'un groupe/artiste/projet musical en mettant à disposition des EP (mini-albums de 4/6 titres le plus souvent) au format digital et physique (vendus 4.95€ dans les Fnac, partenaires de l'opération). Ainsi, et depuis 2010, ce sont plus de 70 sorties de groupes confirmés (Dealema, Terrakota, Chullage, Coldfinger ou Balla), de promesses sûres (Noiserv, Linda Martini, Dj Ride, Marcia) et en devenir (Best Youth, Emmy Curl, Capicua) ou des cartes blanches à des labels (Lovers&Lollypops, Amor Furia), webzine (Bodyspace) et festival (Barreiro Rocks) qui se sont succédées. 



Avec Henrique Amaro, défricheur et véritable thermomètre de la musique portugaise, Optimus Discos continue sa croissance et l'organisation du festival Dbandada depuis 2011, l'occasion de voir sur scène les groupes édités ou à éditer. Prochaine édition prévue pour septembre 2013. 

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