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Interview



The Legendary Tigerman, le « one man band » de Paulo Furtado.


Paulo Furtado, également leader du groupe Wraygunn, est l’homme qui se cache derrière le "one man band" The Legendary Tigerman. Le multi-instrumentiste portugais (il joue de la guitare, de la batterie et de l’harmonica) nous propose depuis plus de 10 ans un blues rock’n roll hybride, sensuel et direct. En mars dernier est sorti son nouvel album « True » et c’est à Lisbonne près du Jardin Amalia Rodrigues qu’il nous accueille pour nous en parler et nous rappeler combien la France a été importante dans sa carrière. Il se produira en concert au mois d'octobre et novembre dans toute la France (voir agenda).

Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer comment est née l’idée de "one man band" ? 
C’est un peu un accident, mais en même temps j’ai toujours beaucoup écouté des « one man band » et toujours aimé ce format. En 1999, lorsque mon groupe antérieur Tédio Boys mettait fin à sa carrière, j’ai commencé à composer de nouvelles choses et je formais ce qui deviendrait plus tard Wraygunn et The Legendary Tigerman, dans un garage à Coimbra. J’ai passé tout l’été à jouer de la guitare et à chanter. Ce que je n’avais jamais fait auparavant. Dans ce garage, il y avait un une grosse caisse et une cymbale. Et au bout d’un mois et demi à jouer de la guitare et à chanter, j’ai commencé à les utiliser juste pour avoir des idées rythmiques. J’ai enregistré et ça me sonnait bien dans ce format. Ce fut donc un peu par hasard. Je voulais trouver ma voie, commencer un projet de zéro qui ne soit qu’à moi. Ce ne fut pas prémédité. Il m’aura fallu près de deux ans pour faire le premier concert de The Legendary Tigerman.

Vous dites souvent que le nom « The Legendary Tigerman » fonctionne un peu comme les capes des super-héros, une façon de se protéger… 
Le format « one man band » quand il n’est pas emmené vers le coté « cirque » est toujours quelque chose de dangereux et sur le fil du rasoir. Si tu te trompes, c’est vraiment une grosse erreur et elle vient de toi. Les concerts de The Legendary Tigerman sont des concerts beaucoup plus tendus pour moi, la responsabilité est beaucoup plus grande que pour Wraygunn. C’est donc lié à ça. Tu as beaucoup plus de doute quand tu commences un projet de ce genre. 

Pourtant, on va pouvoir maintenant découvrir un batteur, Paulo Segadães, à tes cotés en concert. N’est-ce pas un peu dénaturer l’idée de « one man band » ?
Non, parce que je vais maintenir le format « one man band » pour certaines chansons, il y aura des arrangements différents pour d’autres. C’est pendant l’enregistrement du nouveau disque « True » que j’ai pensé à ajouter un batteur. En fait j’ai terminé le disque 2 fois, l’une en juillet dans un format quasi pure « one man band ». Et puis après l’avoir écouté et savoir qu’il ne sortirait finalement pas en septembre, j’ai eu un peu plus de temps et j’ai pensé que je n’avais pas à me limiter au format. Il y avait des chansons qui ne suivaient pas la direction que je voulais. J’ai alors demandé à trois personnes de faire des arrangements : deux pour des arrangements de corde, Rita Redshoes et Filipe Melo, et João Cabrita pour des arrangements d’instruments à vent. Cette ouverture à mon univers à d’autres personnes, comme le fut d’une autre manière l’album antérieur « Femina », m’a fait penser que je ne devais pas être esclave du format. Après 5 albums, je n’ai plus rien à prouver. Et dans le futur je me demande si The Legendary Tigerman ne sera pas quelque chose d’hybride entre le « one man band » et autre chose. Après 10 ans à explorer ce format, j’ai envie aussi expérimenter d’autre chose. Et le fait que Paulo Segadães joue en live permet aussi de rendre plus suave cette tension que j’avais uniquement sur moi lors des concerts. 

Comment décririez-vous ce nouvel album « True » ? Moins féminin, que le précédent évidemment… 
C’est un album plus dur et d’un autre coté plus Rock 'n' roll. Il y a des titres plus sombres et d’autres plus joyeux. Je crois que c’est un peu le fruit des temps que nous sommes en train de vivre au Portugal, de toutes les difficultés que nous passons dans le pays. Dans le nouvel album, on trouvera également un documentaire sur l’enregistrement du disque fait par Paulo Segadães et un court-Metrage, objet hybride avec deux clips réalisés par Paulo et moi. Je prépare également un autre projet lié cette fois-ci plus au cinéma. J’ai demandé à plusieurs artistes plastiques portugais de s’inspirer des instrumentaux de l’album pour réaliser des films. On fera un ciné concert qui sera complètement différent de l’album, plus vers la fin de l’année, qui passera probablement aussi par Paris. 

La France a toujours été important dans la carrière de The Legendary Tigerman, vous avez toujours été bien accueilli aussi bien par le public que par la critique, comment l’expliquez-vous? 
Peut-être qu’il existe une explication historique. La France a toujours eu une grande ouverture au Blues et au Rock 'n' roll, c’est un pays qui a été un refuge dans les années 20-30 pour de nombreux artistes de jazz. Ce que je remarque dans les concerts, c’est qu’à Paris le public va de 15 ans à 65 ans, ceux qui avaient l’habitude d’écouter du rock il y a 50 ans continuent à le faire, ce qui est très différent du Portugal. 

Le succès en France a-t-il d’une certaine façon influencé The Legendary Tigerman? 
D’une manière directe oui, car la France est le premier pays en dehors du Portugal où les choses ont marchées, cela m’a permis d’aspirer à une carrière internationale, ce qui rend plus facile l’idée de maintenir une intégrité artistique. Ça a été très important que les choses soient arrivées de cette manière en France, qu’il y ait des personnes avec l’esprit d’aller voir du Rock 'n' roll. Ça m’a conforté dans l’idée que ce je faisais était valable. Si les choses ne s’étaient pas passées de cette façon en France, probablement le projet The Legendary Tigerman n’existerait plus.
Interview réalisée pour le CAPMag(Mars 2014)

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News



The Legendary Tigerman en France au mois de Mars avec son nouvel album "True"


Paulo Furtado, alias The Legendary Tigerman, sortira son 5ème album True le 3 mars prochain. Après une incartade avec son groupe Wraygunn, le bluesman du Portugal revient à son projet solo. Perpétuant la tradition des anciens bluesmen, Paulo est un multi-instrumentiste : il joue de la guitare, de la batterie et de l’harmonica. Si le Tigerman possède des racines anciennes, il n´hésite pas à les combiner à des samples, des beats, des boucles.  En 2009, Paulo Furtado fait la première partie de Jarvis Cocker et sort le superbe album Femina qui laisse la part belle aux femmes (Asia Argento, Peaches, Maria de Medeiros, Phoebe Killdeer entre autres). "True" perpétue la belle trajectoire "blues rock" de Tigerman. L'album sortira en CD /DVD incluant un documentaire sur la genèse de l’album. The Legendary Tigerman sera en tournée en France au mois de Mars. (voir les dates dans l'agenda).

Vous pouvez découvrir d'ores et déjà le premier single de l'album, "Do Come Home".



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Lire la musique portugaise


L'été, on peut lire les derniers Marc Levy ou Guillaume Musso allongé sur sa serviette. On peut aussi travailler sa mémoire avec des mots croisés ou des sudoku. On peut aussi ne rien faire, et attendre calmement que le soleil vienne teinter notre peau. Chez Ovo, on a une proposition pour lire, travailler sa mémoire et bronzer à la fois: une sélection de livres, en portugais, qui traitent de la musique portugaise ou de certains de ses interprètes. 


Adriano Correia de Oliveira:
- O Adriano Correia de Oliveira que eu conheci de Pinto Soares (2011 / Mais Leituras)

- Adriano Correia de Oliveira 1942 - 1982 - Um trovador da liberdade de Mário Correia (2012 / Estratégias Criativas)

L'oeuvre la plus complète sur l'un des plus grands artistes portugais du XXème siècle  malheureusement trop oublié. Divisé en trois parties, le livre retrace le parcours et l'oeuvre d'Adriano, il regroupe ensuite différentes interviews réalisées auprès de ceux qui l'ont connu et compile finalement tous les textes qu'il a écrit ou chanté au long de sa trop courte carrière ainsi que la discographie la plus complète à ce jour. Un livre indispensable.

Amália Rodrigues:
- Amália - Uma biografia de Vítor Pavão dos Santos (2005 / Presença)

António Variações:

- António Variações - Entre Braga e Nova Iorque de Manuela Gonzaga (2006 / Âncora)

Il s'agit du premier livre sur le musicien et chanteur emblématique des années 80. Bien que n'ayant enregistré que deux albums et un single, Antonio Variações aura profondément marqué la musique et la société portugaise avec un style inconnu alors et une position subversive pour l'époque. Avec ce livre, Manuela Gonzaga nous invite dans un voyage à travers la réalité de la vie portugaise des années 40 aux années 80 à travers la carrière d'une des étoiles filantes de la musique portugaise. 

Buraka Som Sistema:
- Estórias de amor para meninos de cor de Kalaf Ângelo (2011 / Caminho)

Fado:

- A origem do Fado de José Alberto Sardinha (2011 / Tradisom)

L'auteur a mené une profonde investigation dans les racines de la plus célèbre des musiques portugaises. Le Fado trouverait ses origines dans une tradition du XVIème siècle: le chant narratif. Tout aurait commencé avec les chanteurs ambulants qui, à la fois chanteur et "journalistes", clamaient sur les places de marché et les foires les derniers événements de la vie portugaise. Les thèmes de l'époque? Déjà la tristesse, la vie de tous les jours, les crimes et les déceptions amoureuses... 

Filarmonica Fraude:
- E tudo acabou em 69 de Rui Miguel Abreu (2013 / Guerra e Paz)

General:

- Enciclopédia da Musica em Portugal no Século XX (en 4 volumes) de Salwa El-Shawan Castelo-Branco (2010 / Temas e Debates)

Dix ans de travail mené par l’Institut d’Ethnomusicologie de l'Université Nouvelle de Lisbonne ont amené à cette gigantesque encyclopédie de plus de 1200 pages réparties en 4 volumes. De la musique classique au hip-hop, du folklore au Fado, du jazz au rock, d'Amalia Rodrigues à Moonspell, de Xutos e Pontapés à Quim Barreiros, ce livre voyage à travers tous les styles et toutes les décennies du siècle passé. Une oeuvre gigantesque que l'on consultera pour aborder de nouveaux horizons musicaux.

Hip Hop:
Ritmos e Poesia - Os Caminhos do Rap de António Concorda Contador et Emanuel Lemos Ferreira (1997 / Assírio & Alvim)

João Aguardela:

João Aguardela - Esta vida de marinheiro de Ricardo Alexandre (2011 / Quidnovi) 

Des chants populaires aux pulsations qui marquent la vie contemporaine  de l'underground aux festivals, des racines punk-rock à un nouveau Fado: João Aguardela aura touché à tout, apportant à chaque fois son goût du risque et de l'innovation mais surtout son respect pour les traditions. Un livre sur une autre étoile filante de la musique portugaise, passée les Sitiatos, Linha da Frente, Megafone ou A Naifa.

Jorge Palma:
- Na palma da mão - Jorge Palma - Biografia oficial de Pedro Teixeira (2008 / Prime Books)

José Afonso:
José Afonso: o que faz falta - Uma memoria plural de José Fanha et José Jorge Letria (2004 / Campo de Letras)

- As voltas de um andarilho - Fragmentos da vida e obra de José Afonso de Viriato Teles (2009 / Assírio & Alvim) 

Qualifié de "reportage biographique" par son auteur, ce livre rapporte plusieurs étapes et fragments de la vie de José Afonso.   La première ébauche de ce livre était sortie il y a presque 30 ans, la première édition du livre a déjà une dizaine d'années et c'est donc une réédition que nous offre Assírio & Alvim, dans une version corrigée et bien entendu enrichie. Un livre également indispensable, peut-être le plus complet sur José Afonso. 



- Fotobiografias do século XX - José Afonso de Irene Flunser Pimentel (2009 / Temas e Debates)

Legendary Tigerman:
In Cold Blood - A sangue frio de Paulo Furtado (2004 / Subotnick Enterprises)

Moonspell:
- Fotobiografia - XX anos Moonspell de Fernando Ribeiro (2013 / Saída de Emergência)

Quarteto 1111:
- As Lendas do Quarteto 1111 de António Pires (2007 / Ulisseia)

Rock Portugais:
- Bookstage - Nos bastidores do rock português de Luis Silva de O (2012 / Chiado)
- Memorias do rock português (en 2 volumes) de Aristides Duarte (2010 / Edition d'Auteur)

Sério Godinho:
- Retrovisor - Uma biografia musical de Sérgio Godinho de Nuno Galopim (2006 / Assírio & Alvim)
- Caríssimas 40 canções - Sérgio Godinho e as canções dos outros de Sérgio Godinho (2012 / Abysmo)
- Sérgio Godinho e as 40 ilustrações de Vários Autores (2012 / Abysmo)

Xutos e Pontapés:
Xutos e Pontapés - XX anos de Vários Autores (1999 / 101 Noites)

- Conta-me historias de Ana Cristina Ferrão (2009 / Assírio & Alvim) 

A travers ce livre riche en anecdotes, c'est l'histoire d'une jeunesse qui nous est contée. Une jeunesse qui arrive juste après la révolution des œillets et qui se cherche une identité, une culture et un groupe social. C'est le punk qui unira cette jeunesse, et du punk naîtra celui qui est encore aujourd'hui considéré comme le plus grand groupe de rock portugais de tous les temps. Une mise à jour serait méritée pour  ce très bon livre de Ana Cristina Ferrão.

Zé Leonel:
- Estórias (daquelas que eu vi) de Zé Leonel (2010 / Chiado)

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Une iconique Nico
Wraygunn et « L’art Brut » encore dans son sillage, Paulo ‘Tigerman’ Furtado n’aura pas tardé à refaire parler de lui… On l’a vu ces derniers temps se consacrer à divers projets parallèles, dont cet EP, « Ghost Of Nico ». Les Français de Hifiklub ont invité le Portugais à venir s’encanailler le temps d’un bel hommage à la chanteuse Nico, qui toutes ces années après, garde encore son aura d’égérie fantasmatique.
Et comme le titre le suggère, la blonde et évanescente princesse warholienne imprègne ces quatre chansons d’une présence spectrale. L’histoire se souvient de l’envoûtante voix du premier Velvet mais Hifiklub et Tigerman évitent la peau de banane : si Femme Fatale était incontournable (« The Velvet Underground And Nico », 1967), ils ne cèdent pas à la facilité, et donnent avec « Ghost Of Nico » des directions pour traverser la carrière de l’altière Allemande en revisitant It Was A Pleasure Then (de son premier album « Chelsea Girl », 1967), One More Chance (de « Drama Of Exile », 1981) et Win A Few (« Camera Obscura », 1985).
Paulo nous a livré les clés de cette association éphémère : « J’ai rencontré Hifiklub en 2007, quand ils enregistraient leur premier album « French Accent » sur lequel ils m’avaient invité à participer. Pour cet EP, Régis Laugier m’a appelé et m’a raconté cette histoire un peu folle sur Nico qui avait joué dans une boîte de nuit, La Tomate, dans les années 70 (en 1978, ndj) : le public l’avait détestée. On a eu l’opportunité de répéter, enregistrer et jouer dans cette salle qui est aujourd’hui entièrement vide. C’est un endroit incroyable. Faire ça à La Tomate était l’occasion de rendre hommage à Nico et de venger son honneur ! »



L’esprit de Nico est là et sous son regard bienveillant, Furtado, tout en retenue, susurre sexy sur Femme Fatale, et chante en spoken word façon Lou Reed sur One More Chance. L’ensemble est vaporeux, nimbé d’un halo d’écho (It Was A Pleasur Then), une recréation en forme de cocon, même si Win A Few peine à contenir ses guitares. « J’ai été totalement emballé par ce projet, poursuit Paulo. J’adore Nico. Et passer autant de temps avec sa musique, à sélectionner les morceaux que nous allions reprendre, tout en essayant d’en tirer quelque chose de différent, ne m’a fait que l’aimer davantage. »
En parallèle de l’enregistrement, Arnaud Maguet filme les sessions et donne à leur association sa concrétisation vidéo. « Arnaud nous a filmés pendant toute la durée du travail, il faisait partie du projet, il a apporté beaucoup d’éléments documentaires. »
Paulo Furtado montre ici une autre facette du Tigerman, plus à contre-emploi que jamais dans ce rôle effacé, loin du show-man rock’n’roll. Ce qui ne semble pas lui déplaire : « Re-travailler avec Hifiklub ? Je l’espère, c’est toujours un plaisir de bosser avec eux. Je suis très content que nous ayons fait ce projet, j’en suis très fier. » Et l’héritage de Nico continuera encore de hanter le futures générations…
Propos recueillis par C.M.

Par 

www.rock-times.com


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