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Lire la musique portugaise


L'été, on peut lire les derniers Marc Levy ou Guillaume Musso allongé sur sa serviette. On peut aussi travailler sa mémoire avec des mots croisés ou des sudoku. On peut aussi ne rien faire, et attendre calmement que le soleil vienne teinter notre peau. Chez Ovo, on a une proposition pour lire, travailler sa mémoire et bronzer à la fois: une sélection de livres, en portugais, qui traitent de la musique portugaise ou de certains de ses interprètes. 


Adriano Correia de Oliveira:
- O Adriano Correia de Oliveira que eu conheci de Pinto Soares (2011 / Mais Leituras)

- Adriano Correia de Oliveira 1942 - 1982 - Um trovador da liberdade de Mário Correia (2012 / Estratégias Criativas)

L'oeuvre la plus complète sur l'un des plus grands artistes portugais du XXème siècle  malheureusement trop oublié. Divisé en trois parties, le livre retrace le parcours et l'oeuvre d'Adriano, il regroupe ensuite différentes interviews réalisées auprès de ceux qui l'ont connu et compile finalement tous les textes qu'il a écrit ou chanté au long de sa trop courte carrière ainsi que la discographie la plus complète à ce jour. Un livre indispensable.

Amália Rodrigues:
- Amália - Uma biografia de Vítor Pavão dos Santos (2005 / Presença)

António Variações:

- António Variações - Entre Braga e Nova Iorque de Manuela Gonzaga (2006 / Âncora)

Il s'agit du premier livre sur le musicien et chanteur emblématique des années 80. Bien que n'ayant enregistré que deux albums et un single, Antonio Variações aura profondément marqué la musique et la société portugaise avec un style inconnu alors et une position subversive pour l'époque. Avec ce livre, Manuela Gonzaga nous invite dans un voyage à travers la réalité de la vie portugaise des années 40 aux années 80 à travers la carrière d'une des étoiles filantes de la musique portugaise. 

Buraka Som Sistema:
- Estórias de amor para meninos de cor de Kalaf Ângelo (2011 / Caminho)

Fado:

- A origem do Fado de José Alberto Sardinha (2011 / Tradisom)

L'auteur a mené une profonde investigation dans les racines de la plus célèbre des musiques portugaises. Le Fado trouverait ses origines dans une tradition du XVIème siècle: le chant narratif. Tout aurait commencé avec les chanteurs ambulants qui, à la fois chanteur et "journalistes", clamaient sur les places de marché et les foires les derniers événements de la vie portugaise. Les thèmes de l'époque? Déjà la tristesse, la vie de tous les jours, les crimes et les déceptions amoureuses... 

Filarmonica Fraude:
- E tudo acabou em 69 de Rui Miguel Abreu (2013 / Guerra e Paz)

General:

- Enciclopédia da Musica em Portugal no Século XX (en 4 volumes) de Salwa El-Shawan Castelo-Branco (2010 / Temas e Debates)

Dix ans de travail mené par l’Institut d’Ethnomusicologie de l'Université Nouvelle de Lisbonne ont amené à cette gigantesque encyclopédie de plus de 1200 pages réparties en 4 volumes. De la musique classique au hip-hop, du folklore au Fado, du jazz au rock, d'Amalia Rodrigues à Moonspell, de Xutos e Pontapés à Quim Barreiros, ce livre voyage à travers tous les styles et toutes les décennies du siècle passé. Une oeuvre gigantesque que l'on consultera pour aborder de nouveaux horizons musicaux.

Hip Hop:
Ritmos e Poesia - Os Caminhos do Rap de António Concorda Contador et Emanuel Lemos Ferreira (1997 / Assírio & Alvim)

João Aguardela:

João Aguardela - Esta vida de marinheiro de Ricardo Alexandre (2011 / Quidnovi) 

Des chants populaires aux pulsations qui marquent la vie contemporaine  de l'underground aux festivals, des racines punk-rock à un nouveau Fado: João Aguardela aura touché à tout, apportant à chaque fois son goût du risque et de l'innovation mais surtout son respect pour les traditions. Un livre sur une autre étoile filante de la musique portugaise, passée les Sitiatos, Linha da Frente, Megafone ou A Naifa.

Jorge Palma:
- Na palma da mão - Jorge Palma - Biografia oficial de Pedro Teixeira (2008 / Prime Books)

José Afonso:
José Afonso: o que faz falta - Uma memoria plural de José Fanha et José Jorge Letria (2004 / Campo de Letras)

- As voltas de um andarilho - Fragmentos da vida e obra de José Afonso de Viriato Teles (2009 / Assírio & Alvim) 

Qualifié de "reportage biographique" par son auteur, ce livre rapporte plusieurs étapes et fragments de la vie de José Afonso.   La première ébauche de ce livre était sortie il y a presque 30 ans, la première édition du livre a déjà une dizaine d'années et c'est donc une réédition que nous offre Assírio & Alvim, dans une version corrigée et bien entendu enrichie. Un livre également indispensable, peut-être le plus complet sur José Afonso. 



- Fotobiografias do século XX - José Afonso de Irene Flunser Pimentel (2009 / Temas e Debates)

Legendary Tigerman:
In Cold Blood - A sangue frio de Paulo Furtado (2004 / Subotnick Enterprises)

Moonspell:
- Fotobiografia - XX anos Moonspell de Fernando Ribeiro (2013 / Saída de Emergência)

Quarteto 1111:
- As Lendas do Quarteto 1111 de António Pires (2007 / Ulisseia)

Rock Portugais:
- Bookstage - Nos bastidores do rock português de Luis Silva de O (2012 / Chiado)
- Memorias do rock português (en 2 volumes) de Aristides Duarte (2010 / Edition d'Auteur)

Sério Godinho:
- Retrovisor - Uma biografia musical de Sérgio Godinho de Nuno Galopim (2006 / Assírio & Alvim)
- Caríssimas 40 canções - Sérgio Godinho e as canções dos outros de Sérgio Godinho (2012 / Abysmo)
- Sérgio Godinho e as 40 ilustrações de Vários Autores (2012 / Abysmo)

Xutos e Pontapés:
Xutos e Pontapés - XX anos de Vários Autores (1999 / 101 Noites)

- Conta-me historias de Ana Cristina Ferrão (2009 / Assírio & Alvim) 

A travers ce livre riche en anecdotes, c'est l'histoire d'une jeunesse qui nous est contée. Une jeunesse qui arrive juste après la révolution des œillets et qui se cherche une identité, une culture et un groupe social. C'est le punk qui unira cette jeunesse, et du punk naîtra celui qui est encore aujourd'hui considéré comme le plus grand groupe de rock portugais de tous les temps. Une mise à jour serait méritée pour  ce très bon livre de Ana Cristina Ferrão.

Zé Leonel:
- Estórias (daquelas que eu vi) de Zé Leonel (2010 / Chiado)

Liens:

Spécial Révolution des Oeillets / Albums



José Afonso - Cantares de Andarilho
1968 - Orfeu

Ce disque sonne le début d'une nouvelle phase de la carrière de José Afonso. L'auteur de Grandola Vila Morena revenait alors d'un séjour de trois ans au Moçambique, pays où il recevra son baptême politique comme il le dira un jour plus tard. A son retour, définitivement fiché par la PIDE, il se retrouve à la fois exclu de l'éducation nationale mais aussi exclu des maisons de disques, aucune ne voulait prendre le risque d'éditer ses chansons et de se confronter à la censure politique.

C'est alors qu'il rencontre Arnaldo Trindade, directeur du label Orfeu. Celui-ci lui propose un salaire mensuel de $15.000 en échange d'un album par an: la collaboration apportera 11 albums et la quasi intégralité de la discographie de José Afonso.. Et c'est ainsi qu'en 1968 se fait l'entrée en studio pour enregistrer Cantares de Andarilho. Ce disque sera donc le premier d'une série d'enregistrements qui emmèneront la musique portugaise jamais atteints. Ce disque marque aussi le début de la collaboration de José Afonso avec trois personnalités qui l'accompagneront jusqu'à la fin de la carrière. Il y a Rui Pato, guitariste, Moreno Pinto, ingénieur du son, et José Santa-Bárbara, graphiste. Ce quatuor se retrouvera sur quasiment toute la discographie de Zeca: à l'écriture, à la composition, à l'enregistrement, à la création des visuels et des pochettes.

Parmi les titres les plus importants de Cantares de Andarilho, nous retrouvons Vejam Bem. A l'origine composé pour le film O Anúncio, le titre se transformera en l'un des hymnes des années 70, à côté des Os Vampiros, Trova do Vento que Passa et bien sûr Grandola Vila Morena. 






Spécial Révolution des Oeillets / Albums



Sérgio Godinho - Os Sobreviventes
1971 - Sassetti

Né en 1945, Sérgio Godinho, alors âgé de 26 signe un des grands classiques de la musique portugaise. Enregistré au Chateau d'Hérouville (où seront enregistrés Mudam-se os Tempos, Mudam-se as Vontades de José Mario Branco et Cantigas de Maio de José Afonso, tous trois la même année), Os Sobreviventes deviendra un des quatre pilliers de la nouvelle musique portugaise. 

Exilé en France, il y traverse mai 68, joue dans la comédie musicale Hair et se lie d'amitié avec d'autres exilés célèbres, parmi eux Luis Cilia et José Mario Branco. C'est d'ailleurs avec ce dernier qu'il réalisera cet album, l'auteur de Margem de Certa Maneira produit, fait les choeurs et joue de nombreux instruments. Que Força é Essa?, Descansa a Cabeça, Paula, Que Bom Que é, O Charlatão, Farto de Voar, Senhor Marquês, Romance de Um Dia na Estrada (tiré d'un précédent EP), A Linda Joana ou  Maré Alta sont quelques unes des chansons qui composent Os Sobreviventes. Sérgio Godinho s'affirme immédiatement comme l'un des grands auteurs et interprètes de chansons en portugais, ce qu'il confirmeratout au long de sa carrière à travers Pré-Histórias (1973), Pano-Cru (1978), Campolide (1979) ou Salão de Festas (1984). 

Trois jours à peine après sa sortie, l'album est censuré et retiré des bacs, bacs qu'il retrouve quelques temps après, puis en est encore retiré. Au final, Os Sobreviventes recevra le prix du meilleur album de l'année, Sérgio Godinho celui de meilleur auteur de l'année. Que dire de plus?



Spécial Révolution des Oeillets / Albums



Luis Cilia - Portugal/Angola: Chants de Lutte
1964 - Chants de Lutte

Luis Cilia est né en Angola en 1943. Il rejoint Lisbonne en 1960 mais n'y fait qu'un bref passage. Il doit fuire le Portugal,  quatre ans plus tard, fiché par la PIDE, et part en exil pour Paris, où il restera jusqu'en 1974. 

1964. L'année où tout bascule pour Luis Cilia. Il arrive donc à Paris, un 1er avril.  Peu après, au domicile de Câmara Pires (leader angolais du MPLA), il rencontre Collette Magny que aura un rôle déterminant dans sa carrière. C'est elle qui présente Luis Cilia à Paco Ibañez (qui deviendra l'un des ses grands amis) et à son futur label Chants de Lutte. Portugal-Angola: Chants de Lutte sera l'un des tous premiers albums de la "chanson d'intervention". Il y dénoncera, à travers ses propres textes mais aussi ceux du Cap-Verdien Daniel Filipe ou Manuel Alegre, entre autres, les guerres coloniales et les manques de liberté au Portugal. A la sortie du disque, Luis Cilia n'a encore jamais écouté Adriano Correia de Oliveira, José Afonso, José Mario Branco ou encore Sérgio Godinho. Par la suite, partageant les mêmes idées, ces compagnons de lutte deviendront ses amis, au même titre que Léo Ferré ou Georges Brassens, dont il deviendra le parrain et dont il reprendra, en portugais, son très célèbre La Mauvaise Réputation.

Durant les années qui suivirent, Luis Cilia continua à sortir de nombreux disques. Il permettra à de nombreux poètes, certains interdits au Portugal, de traverser les frontières comme avec la trilogie La Poésie Portugaise de nos Jours et de Toujours (1967/69/71)  ou bien plus tard O Peso da Sombra (poésie de Eugénio de Andrade) en 1980, Sinais de Sena (Jorge Sena) en 1985 et Penumbra (David Mourão Ferreira) en 1987. Avant cela, il travaillera au sein de l'Union National des Etudiants de France auprès de Serge July (fondateur de Libération) et Alain Crombecque (directeur du festival d'Avignon). Le théatre justement, Luis Cilia en fera également au sein de la pièce Ma Déchirure de Claude Chabrol, où il partagera les planches avec Pierre Arditi et Patrick Dewaere. Luis Cilia sortira de nombreux albums par la suite parmi lesquels O Guerrilheiro en 1974, Marginal en 1981 ou Contradições en 1983. Il y a quelques années, il a décidé de mettre un terme à sa carrière d'interprête, consacrant son activité sur la composition. Restent de ce pionnier de la "chanson d'intervention" des titres comme Meu país, O Menino Negro Não Entrou na Roda, Exílio mais aussi l'hymne du parti communiste portugais Avante.


Spécial Révolution des Oeillets / Albums



Adriano Correia de Oliveira - Gente de Aqui e de Agora
1971 - Orfeu

Richement arrangé et brillament produit de José Niza, Gente de Aqui e de Agora, considéré comme le meilleur album d'Adriano Correia de Oliveira, est aussi l'un des meilleurs disques portugais de tous les temps. 

Adriano Correia de Oliveira est né à Porto en 1942. A 17 ans il part à Coimbra, lui aussi, étudier le droit. Il y rencontre Luis Goes, José Niza, José Afonso et tous ceux qui transformeront la musique portugaise quelques années plus tard. Il affirme des convictions politiques à travers le milieu estudantile, dont il sera la voix, à seulement 20 ans, avec Trova do Vento que Passa. Contrairement à d'autres artistes, Adriano Correia de Oliveira ne quittera pas le Portugal et ne connaitra jamais l'exil. Durant toute sa carrière il refusera de soumettre ses albums à la censure. Gente de Aqui e de Agora sera d'ailleurs son dernier disque paru sous la dictature avant un silence, naturellement forcé, de quatre ans. 

Gente de Aqui e de Agora a été réalisé à quatre mains: celles d'Adriano et celles de José Niza. Si le premier chante et apporte son impressionnante aura, le second joue, adapte des poémes, réalise et produit le disque. Orfeu, label chez qui sortiront tous les disques d'Adriano, met à disposition ce qui se fait de mieux en terme de matériel, instruments et studios. Le résultat est grandiose avec des chansons qui "collent" à la perfection aux textes chantés: sublimes lignes de violons profondément tristes pour E Alegre Se Fez Triste (poème de Manuel Alegre), airs ruraux et choeurs "façon" Alentejo pour Cana Verde et Roseira Brava, rythme bondissant et joyeux pour le très politique O Senhor Morgado. Gente de Aqui e de Agora est un disque qui, lui, a parfaitement collé à son époque. Adriano dira lui-même: la chanson peut ne pas avoir une influence décisive, mais elle est complémentaire.


Spécial Révolution des Oeillets / Albums



José Mario Branco - Mudam-se os tempos, Mudam-se as vontades
1971 - Sassetti

José Mário Branco, musicien, compositeur, arrangeur, producteur et enfin chanteur, est né à Porto en 1942. Ses parents sont professeurs dans le primaire. Il fera des études d'histoire à l'université de Coimbra avant de partir pour l'exil forcé, à seulement 21 ans. Il restera à Paris jusqu'à la fin de la dictature et sera le principal responsable du renouveau de la musique portugaise, jusqu'à alors habitué à des balades naïves et insipides.

A Paris, il a une présence active dans le milieu culturel et associatif, participant notamment à de nombreux spectacles dirigés à la communauté de portugais émigrés. En 1967, il lance son premier EP Seis Cantigas de Amigo puis Ronda do Soldadinho deux ans plus tard. Il traverse donc mai 68 et en tire de nombreux enseignements qui seront les ingrédients de sa musique. En 1971 il produit les albums Cantigas de Maio de José Afonso et Os Sobreviventes de Sérgio Godinho. La même année sort Mudam-se os Tempos, Mudam-se as Vontades. Ces trois disques et le Gente de Aqui e de Agora de Adriano Correia de Oliveira sont les   quatre piliers de la nouvelle musique portugaise, tous sortis à l'automne 71. Autodidacte, il assumera tout le processus de création du disque: financement, enregistrements, fabrication et distribution. L'album sonne comme un mélange de jazz, de musique médiéval, de fado avec des touches de blues. Les thèmes abordés sont naturellement anti-régime, il y est question de changements, de liberté et bien sûr de l'exil et de l'émigration. Dans la continuité de ce disque sortira également Margem de Certa Maneira en 1973.

En 1974, juste après la révolution, il fonde le groupe GAC (Grupo de Acção Cultural) avec lequel il enregistrera deux disques  A cantiga é uma Arma (1976) et Pois Canté! (1977). Suivront plusieurs disques parmi lesquels Ser Solidario et surtout FMI, tous deux en 1972. Ce dernier, publié sous la forme d'un maxi 12", est un enregistrement live pendant lequel José Mário Branco résume en une vingtaine de minutes les rêves et déceptions du mouvement révolutionnaire portugais. Sa dernière apparition musicale date de 2009 avec Três Cantos, album live enregistré avec Fausto et Sérgio Godinho. 



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La légende de Orfeu
Né au milieu du XXème siècle, c'est une sorte de résurrection que connaît ce mythique label. Débuté avec un enregistrement du poète Miguel Torga, le catalogue se sera construit d’œuvres des plus grands noms de la musique et de la poésie portugaise: José Afonso, Adriano Correia de Oliveira, Fausto, Sophia de Mello Breyner ou Aquilino Ribeiro. Aujourd'hui âgé de 77 ans, le fondateur de Orfeu revient sur l'histoire du label, explique son importance sur la vie sociale et politique portugaise et trace les lignes du futur du label.  Le texte suivant est une traduction libre d'un article de Mario Lopes paru dans le supplément culturel Ipsilon le 04/08/2011 (édition chaque vendredi avec Publico). Le lien du texte original est disponible à la fin de ce texte.

Un jeune homme de 18 ans se met en route, direction Miramar, Vila Nova de Gaia, pour parler avec un seigneur de la poésie, également connu pour sa réserve et son caractère difficile. Le jeune homme ne se laisse pas intimider  Il frappe à la porte, explique le pourquoi de sa venue. Je veux vous enregistrer clamant vos propres poèmes. Le plus compliqué des poètes, Miguel Torga, le reçoit et l'écoute. "Les poètes sont souvent mal interprétés par les diseurs car ils l'interprétation théâtrale qu'ils en font fait perdre le côté intimiste des poèmes" explique le jeune homme. Il lui montre des disques de Jean Cocteau pour appuyer son argumentation. Le jeune homme quitte la maison de Miramar avec une récompense de poids. Tout juste monté, le label fera de cet enregistrement sa première édition. "Quand nous avons crée la section disques, j'ai naturellement commencé par le plus dur. C'est bien ainsi qu'il faut faire, non?" lance Arnaldo Trindade, jeune homme âgé aujourd'hui de 77 ans.

Ce fût donc d'abord Miguel Torga. "Et comme qui avait Miguel Torga avait tous les autres", ce furent José Régio, Eugénio de Andrade, Sophia de Mello Breyner, Jaime Cortesão, Aquilino Ribeiro ou Ferreira de Castro qui rejoignirent Orfeu. Ce fût enfin un artiste orphelin, censuré par les radios, les labels et bien sûr l'état, un artiste en quête d'une maison où éditer ses disques: José Afonso. "Il était si merveilleux, politisé certes, mais si intelligent" qu'Arnaldo Trindade n'a pas hésité. En 1968, José Afonso enregistre son premier album chez Orfeu. "Et qui avait José Afonso avait tout". C'est chez Orfeu que José Afonso a enregistré la majeur partie de sa discographie. C'est chez Orfeu que Adriano Correia de Oliveira a sorti tous es disques. C'est encore chez Orfeu que Vitorino a été entendu pour la première fois, que les Pano Cru et Campolide de Sérgio Godinho sont sortis, tout comme le Blackground de Duo Ouro Negro. 

Le premier chapitre de Orfeu s'écoule des années 50 aux années 80. Les premières lignes du second chapitres datent de 2010, de nouveaux disques rejoignent les bacs. De cette entretien avec Arnaldo Trindade, c'est à travers le premier chapitre que se fera ce voyage. 



Voir plus loin 

Fils d'un négociant en électroménager solidement implanté au cœur de Porto, Arnaldo Trindade  grandira dans une ambiance particulière. A la fin des années 50, la période post-guerre et l'esprit anticonformiste donnent naissance à toute une phase de renouveau artistique. C'est ainsi qu'est crée le Cineclube de Porto où Arnaldo Trindade découvrira différents courants cinématographiques comme le néo-réaliste italien et le romantisme français. Le Théâtre Expérimental de Porto, dont Arnaldo Trindade sera l'un des fondateurs, est également crée. Il y a encore l'école des Beaux-Arts dont un membre, Isolino Vaz, travaillera chez Orfeu. Arnaldo Trindade était au milieu de tout ça. "Chaque lundi, j'allais dîner au Escondidinho avec  Manoel de Oliveira, José Régio, Alberto Serpa, António Lopes Ribeiro", dit-il. C’était des cercles de réflexions organisés par le directeur du journal "O Primeiro de Janeiro", Manuel Pinto de Azevedo, "où l'on discutait de tout": les arts, la politique, la vie. "Tous étaient contre le régime politique en place", assure-t-il. "Je pense que personne à l'époque ne supportait vraiment le régime. Franchement, avec l'esprit créatif et rénovateur qui se développait, qui voulait paraître rétrograde?" Certainement pas Arnaldo Trindade.

Lui qui passait un mois de vacances par an aux États-Unis, qui connaissait Londres et Paris, qui avait vu beaucoup de choses. "Le grand avantage d'avoir vécu au Portugal c'est que l'on pouvait voir les bons et les mauvais côtés du futur." Quand son père décède, Arnaldo Trindade abandonne les études et reprend l'entreprise familiale. Il commence également à appliquer le futur qui lui avait été montré. Nous sommes dans le Portugal des années 50. 

Il enregistre les artistes de jazz qui habitent Porto et les artistes majeurs de passage pour des concerts à Porto. Ces enregistrements se font avec la meilleure technologie de l'époque et il embauche des designers pour réaliser les pochettes des disques. Il a déjà une certaine vision du commerce. Ainsi et pour augmenter les ventes il commandera des milliers de platines vinyles en France puis mettra une promotion en place: pour dix enregistrements achetés, la platine était offerte. Il a le "sentiment d'avoir une mission" à accomplir: "nous avions le magasin d'électroménagers et avions les reins solides financièrement. Orfeu était mon passion. On a réussit grâce à notre passion, car commercialement il n'y avait aucune logique à tout ça". C'est cette passion qui attirera les meilleurs.

Arnaldo Trindade emmènera Miguel Torga aux premiers studios d'enregistrement de Orfeu. Dans une des cabines du magasin d'électroménager, bien après minuit pour éviter les bruits de la rue, l'auteur de Bichos lira Ode à Poésia. A l'écoute de sa propre voix, le poète a été submergé d'une telle émotion que sa femme, Andrée Cabrée, a du le réanimer avec une injection de coramine glucose.

Après les poètes, les musiciens de jazz et la scène musicale de Porto, Arnaldo Trindade élargit sa palette en obtenant des contrats de distribution avec, par exemple, les anglais de Pye Records,  Tamla Motown ou la française Vogue, ce qui lui permettra de faire jouer Françoise Hardy à Porto.

 Esprit de famille 

La relation entre Orfeu et la musique portugaise prend ses contours définitifs quand les guitaristes António Portugal, personnage influent dans la rénovation de la chanson de Coimbra, et Rui Pato, qui accompagnera José Afonso à ses débuts, informent Arnaldo Trindade de l'existence d'un chanteur incroyable qui débute à Coimbra. "La rencontre avec Adriano Correia de Oliveira fut un moment capital", confie-t-il. Avec le chanteur de Trova do vento que passa, qui jusqu'à sa mort à 40 ans aura enregistré tous ses disques sur le label, c'est tout une génération d'artistes qui allaient profondément rénover la musique portugaise tout en s'affirmant comme la voix de la résistance au fascisme. Adriano amenait avec lui José Niza qui deviendra une pièce angulaire du label  aux côtés de José Calvário, musicien, producteur et compositeur. C'est à cette même période que José Afonso a frappé à la porte. 


Orfeu s'est ensuite diversifié et, pour continuer à avancer, s'est assuré un confort économique avec des disques de groupes plus "populaires mais sans donner dans le populaire de basse qualité". Ces sorties lui permettront d'élargir son public. Parallèlement, Arnaldo Trindade organise en 1969 la première convention sur l'industrie du disque au Portugal. Cet événement attirera à Ofir la revue Billboard et des professionnels ou groupes du monde entier comme les Status Quo ou les Long John Baldry, groupe dans lequel jouait un pianiste aujourd'hui connu sous le nom d'Elton John. 

Arnaldo Trindade dirigeait le label avec discipline tout en conservant un esprit familial et une bonne dose d'improvisation et d'excentricité. En 1967 et après la victoire de Sandie Shaw à l'Eurovision, une caravane de six voitures emmenée par Arnaldo Trindade rejoint Paris, charge les coffres avec les EP de la chanteuse et revient les vendre au Portugal avant même que Valentim de Carvalho n'en ai dans ses magasins. 

Révolution en route 

José Afonso, Adriano Correia de Oliveira et beaucoup d'autres artistes du label défendaient la gauche révolutionnaire. Arnaldo Trindade, lui, défendait un "modèle démocratique à l'américaine"  qu'il avoue aujourd’hui "avoir du mal à définir". Quoi qu'il en soit, ils étaient tous du même côté. "Il était nécessaire d'aller de l'avant pour réussir à changer le système, pour concrétiser cette utopie que nous défendions, d'une société plus égalitaire. Notre politique était l'utopie". 

Arnaldo Trindade, en tant qu'éditeur et responsable des éditions aux yeux de la PIDE, assumait ses responsabilités sans aucuns problèmes. Et pour cause, bien que dans "certaines situations plus délicates" il ait eu à cacher certains disques sous le lit de ses enfants, "l'unique disque interdit" qu'il possédait était "Je t'aime, moi non plus", de Serge Gainsbourg et Jane Birkin (ce disque lui sera retiré par un officiel de la PIDE, lequel lui réservera trois ou quatre disques pour lui-même.

Était-ce une utopie? Affirmatif. Arnaldo Trindade ne regardait pas aux dépenses. José Afonso et Adriano Correia de Oliveira bénéficiait d'un généreux salaire mensuel, avec pour seule obligation d'enregistrer un disque dans les délais convenus. Les artistes souhaitaient ce qu'il y avait de mieux et c'est ce que Orfeu leur offrait. "A un moment, nous avions José Afonso au Château d'Herouville (dans les Strawberry Studios, où avaient également enregistrés les Rolling Stones) avec José Mário Branco à la production, nous avions Adriano Correia de Oliveira à Londres chez Pye Records et José Cid chez Vogue à Paris".


Cantigas do Maio (album mythique de José Afonso sorti en 1971, sur lequel figurent Grândola Vila Morena ou Canto da Primavera) a coûté un million d'escudos à l'époque. "Mais c'est le meilleur disque portugais de tous les temps" dit-il fièrement. Et, bien entendu, c'est le plus important pour lui. 

Quand il s'apprêtait à sortir Operário Em Construção, LP de 1972 sur lequel Mário Viegas, accompagné de José Calvário (compositeur résidant de Orfeu), José Luís Tinoco et José Niza, interprète des poèmes de Vinicius de Moraes, Bertold Brecht ou Manuel Alegre, plusieurs de ses amis lui ont dit qu'il "était fou" et que c'était une imprudence (la révolution n'était pas encore arrivée). "Mais pourquoi ne pas enregistrer? C'est si beau" a-t-il répondu. Il a donc enregistré, et édité. 

 

Deux ans plus tard, le 25 avril sera annoncé par E Depois do Adeus et Grândola Vila Morena. Curieuse coïncidence: ce sont deux enregistrements de Orfeu.

Dans l'histoire du label, en plus de ce qui a été précédemment cité, on retrouve l'album de José Cid  10.000 Anos Entre Vénus e Marte considéré comme l'un des plus grands albums de rock progressif de tous les temps, des chansons victorieuses des Festivals de la Chanson (grand concours annuel où était élue la chanson de l'année et par lequel sont passés une grande partie des artistes populaires portugais) comme E Depois do Adeus ou Festa da Vida de Carlos Mendes, Madrugada de Duarte Mendes. Reste toute une histoire à découvrir, celle des poètes, qui aura été le premier amour de Arnaldo Trindade.  


Il n'eut aucune rancœur lorsqu'il conclut le premier chapitre de cette aventure, aucun manque. Il affirme ne posséder aucun disque du label auquel il a consacré trente ans de sa vie. Il a en revanche beaucoup de livres et des dédicaces "Arnaldo Trindade, à qui tant je dois tant de poésie" signé Ary dos Santos et "Avec adversité, mas aussi avec admiration" de José Afonso. 

Ce qui l’intéresse se sont les mémoires et les transmettre à qui en voudra. "La plus grande fierté et d'avoir réussit à faire" dit-il. "Tout ce qui apparaît, disparaît, et nous avons disparu au zénith" 

Et aujourd’hui il renaît

L'annonce a été faite fin 2010: Orfeu revient. Orfeu, tout le monde se souvient du logo sur les albums des José Afonso. C'est précisément là que le label renaît d'ailleurs. Le 2 août 2009, l'auteur de Os Vampiros aurait fêté 80 ans et Movieplay avait proposé à Pedro Passos de mettre en route une compilation en hommage à l'artiste disparu. Le projet a manqué de temps et est resté à une phase de réflexion. Une autre réflexion s'est jointe à la première: pourquoi ne pas relancer Orfeu?


La réflexion s'est transformé en réalité avec la sortie de REintervenção, l'album hommage, et Onde mora o mundo de JP Simões et Afonso Pais. Il y eut ensuite les rééditions de Operário em Construção/País de Abril de Mário Viegas puis Confidencial/Proibição de Voltar à Direita de l'humoriste Mena Matos. Ces premiers lancements révèlent la stratégie du nouvel Orfeu: un juste mélange de nouvelles éditions et la récupération de l'héritage soit par des rééditions en CD ou par la sortie de matériel inédit. Il y ainsi un projet d'album avec une collection de poèmes récités par leurs propres auteurs, qui constitue une grande partie des inédits Orfeu. 


Depuis la stratégie s'est confirmée avec les sorties de disques récents comme Heavy Mental de Vitor Rua, Mais Um Dia de Pedro Esteves, First Falls de Filipe Raposo Trio et les rééditions de Antologia da Mulher Poeta Portuguesa par Eunice Munoz et de toute la discographie de José Afonso en CD. Autres rééditions prévues, le tout premier album du label Miguel Torga por Miguel Torga (cla musique de Filipe Raposo), les quatre premiers albums de Vitorino et Por Quem Sempre Combateu de José Manuel Osorio.

Orfeu est mort. Vive Orfeu!

News



A Presença das Formigas revient en septembre

Après un premier album, Ciclorama, salué par les critiques nationales et internationales, A Presença das Formigas reviendra avec un nouveau disque. Sélectionné et soutenu par Musibéria (Centre International de Musiques et Danses du Monde Ibérique), le groupe qui tire son nom d'une chanson de José Afonso reviendra en septembre avec une nouvelle formation. A Presença das Formigas puise son inspiration dans la musique traditionnelle portugaise et l'ouvre aux musiques du monde.



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Vintage



Adriano, révolutionnaire à plus d'un titre

Trente ans que le troubadour sans peur nous a quitté. Trente ans et pourtant trop peu de mots pour l'un des plus grands artistes portugais. Un artiste qui a commencé avec un certain José Afonso, interprété les magnifiques poèmes de Manuel Alegre et reste pourtant trop peu connu: Adriano Correia de Oliveira.


Adriano Correia de Oliveira est né en 1942 et a grandi à Avintes (15km au sud-est de Porto). A 17 ans il entre en Droit à l'université de Coimbra, amenant avec lui sa guitare électrique, reçu de ses parents en cadeau d'entrée en faculté, qu'il abandonnera rapidement. Rapidement, il fréquente le milieu musical local, pratique son fado typique et intègre l'Orfeão Académique. Le Fado de Coimbra est alors en plein renouveau, renouveau initié par Artur Paredes (père d'un certain Carlos Paredes) et António Menano et dans lequel interviendront Luis Goes ou José Afonso. Entre 1959 et 1962 seront édités quatre EP. L'empreinte musicale de Coimbra marquera toute sa carrière musicale, qu'elle soit de chanteur de fado ou de musique d'intervention (nom donné au courant musical qui chantait sa contestation au régime dictatorial alors en place). En 1962, son engagement politique devient de plus en plus fort, il participe à des manifestations anti-salazariste et, l'année suivante, publie l'hymne de la révolte estudiantine: Trova do Vento que Passa.


En 1964, il séjourne à Paris et y rencontre un autre grand nom (malheureusement encore plus méconnu) de la musique d'intervention, Luiz Cilia. Deux ans plus tard il épouse Matilde Leite, avec laquelle il aura deux fils. La période 1967-1971 sera sa plus fertile en terme d'éditions avec pas moins de quatre disques (et ce alors qu'il aura à exécuter son service militaire entre 1968 et 1970). Se succéderont l'album éponyme Adriano Correia de Oliveira en 1967, O Canto e as Armas sur des poèmes de Manuel Alegre (1969), Cantaremos avec LA chanson sur l'émigration Cantar de Emigração (1970) et surtout Gente de Aqui e de Agora (1971), entièrement produit par José Niza. Ce dernier sera l'un des quatre piliers de la révolution musicale qui s'opérera au Portugal, pourtant toujours sous la dictature, au côté de Cantigas do Maio de José Afonso, Mudam-se os Tempos Mudam-se as Vontades de José Mário Branco et Os Sobreviventes de Sérgio Godinho, tous sortis à l'automne 1971. 



Cette fois définitivement en ligne de mire de la PIDE (police politique de l'état), Adriano Correia de Oliveira se verra interdire un grand nombre de ses apparitions sur scène et éditions discographiques, recevant ainsi le même traitement que les auteurs cités ci-dessus, auxquels on peut ajouter Fausto ou Manuel Freire parmi tant d'autres. Malgré ces interdictions, une partie d'entre eux se retrouveront sur la scène du Coliseu dos Recreios de Lisbonne le 29 mars 1974, moins d'un mois avant la libération. Sur la photo ci-dessous et de gauche à droite apparaissent Barata Moura, Vitorino, José Jorge Letria, Manuel Freire, Fausto, José Afonso et Adriano Correia de Oliveira. Ce soir-là, les paroles d'une chanson faisant rimer "morena" et "ordena", alors interdite, se faisaient déjà entendre dans l'assistance...



Cette interdiction ne l'empêchera pas de sortir quelques singles et surtout de préparer son futur album, Que Nunca Mais, qui ne sortira toutefois qu'après le 25 avril 1974. Ce disque, sur des poèmes de Manuel da Fonseca, lui offrira sa seule et unique récompense internationale, étant élu artiste de l'année par la revue britannique Music Week. En 1980 sera publié son dernier disque, Cantigas Portuguesas (avec Fausto aux manettes), véritable chant du cygne où Adriano Correia de Oliveira rappelle le rôle que sa "famille musicale" aura eu dans la libération du peuple portugais, peuple qui s'est déjà tourné vers les Rui Veloso, Trovante, UHF ou Xutos & Pontapés, en plein boom du rock portugais.

Le 16 octobre 1982, alors âgé de 40 ans, Adriano Correira de Oliveira s'éteint dans sa maison familiale de Avintes. Né pour la musique grâce à la musique de Coimbra, Adriano aura contribué dans les années 60 à son développement, apporté son engagement politique à la musique d'intervention et ouvert de nouveaux horizons à la musique portugaise du début des années 70. Adriano Correira de Oliveira est un de ceux qui a changé le visage de la vie et de la culture portugaise, traçant de nouveaux itinéraires dans lesquels de nouvelles générations ont suivies leur chemin.


Tombé dans un semi-oubli, il est de plus en plus difficile aujourd'hui de trouver des traces de son oeuvre. Movieplay a ainsi réédité une partie de sa discographie en 2007, célébrant ainsi les 25 ans de la mort de l'artiste. Parmi ces rééditions se trouve un coffret réunissant ses sept albums studios. Une compilation de ses meilleurs titres et un album d'hommage sont également sortis à cette occasion. Sur ce dernier, une nouvelle génération d'artistes comme Valete, Celine da Piedade ou Margarinda Pinto réinterprète des chansons de son répertoire. Plus récemment ont été publiés deux livres, le premier O Adriano Correia de Oliveira Que Eu Conheci de Pinto Soares en 2011 et Adriano Correia de Oliveira 1942-1982 Um trovador da liberdade de Mário Correia l'année suivante. Pour les musiciens, un Songbook a également, et finalement, été édité par Manuel Soares aux éditions Prime Books. 

Il est du devoir de chacun de découvrir ou de faire découvrir l'oeuvre de ce grand artiste, très certainement l'un des plus grands que le Portugal ait connu, et que celui-ci ne disparaisse pas de la mémoire collective, grand mal de nos société actuelles...



Aquela clara madrugada que 
Viu lágrimas correrem no teu rosto 
E alegre se fez triste 
Como chuva que viesse em pleno Agosto 

Ela só viu meus dedos nos teus dedos 
Meu nome no teu nome e demorados 
Viu nossos olhos juntos nos segredos 
Que em silêncio dissemos separados 

A clara madrugada em que parti 
Só ela viu teu rosto olhando a estrada 
Por onde o automóvel se afastava 
E viu que a pátria estava toda em ti 

E ouviu dizer adeus essa palavra 
Que fez tão triste a clara madrugada 
Que fez tão triste a clara madrugada

Article



Réédition de l'oeuvre d'un Artiste majeur 

C'est entre mars et avril 2013 que sera conclue la réédition  des onze albums publiés par José Afonso sur le label Orfeu entre 1968 et 1981, soit la quasi intégralité de son oeuvre. Ces rééditions visent à célébrer les 25 ans du décès de l'artiste disparu le 27 février 1983 à seulement 57 ans.




Initié avec les albums Cantares de Andarilho (1968) et Contos velhos, rumos novos (1969) en avril 2011, Orfeu a suivi l'ordre chronologique en éditant le mois suivant Traz outro amigo também (1970), Cantigas do Maio (1971) et Eu vou ser como a toupeira (1972) puis, en octobre Venham mais cinco (1973), Coro dos tribunais (1974) et Com as minhas tamanquinhas (1976). Ces deux prochains mois verront donc les trois derniers albums Enquanto há força (1978), Fura fura (1979) et Fados de Coimbra (1981) rejoindre les rayons des disquaires. 

Avec António Pinheiro da Silva aux commandes, ces albums ont bénéficié d'une restauration et d'une remastérisation à la hauteur de l'oeuvre de l'artiste. Des notes additionnelles replaçant les chansons et les albums dans le contexte de l'époque ont été ajoutés. Celles-ci permettront aux nouvelles générations de mieux comprendre le rôle et l'importance qu'ont joué l'auteur et des chansons comme A Morte saíu à rua, Maio, maduro Maio, le toujours d'actualité Os vampiros ou, bien sûr, "l'hymne" de la révolution des oeillets Grândola vila morena.

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