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Spécial Révolution des Oeillets / Album



Mário Viegas - País de Abril (poemas de Manuel Alegre)
1974 - Orfeu

Mário Viegas, probablement l'un des meilleurs acteurs que le Portugal ait connu et certainement son plus grand "clameur" de poèmes. Manuel Alegre, la plume derrière un grand nombre de chansons d'intervention, proche de tous les chanteurs/résistants de cette période.

Les poèmes clamés par Mário Viegas sont ici extraits de O Canto E As Armas (1967) et Praça Da Canção (1969) et mis en musique par José Luís Tinoco (piano, harpe, guitare) et José Niza (guitare,  sanza et percussions). Avec cette association, les chansons se transforment en hymnes à la révolution et à la liberté. Canção com Lagrimas et Segunda Canção com Lagrimas parlent de l'absence dont l'exil forcé, les guerres coloniales, la prison ou la mort pouvait être responsable. Paris Não Rima com o meu Pais est lui le texte le proche du quotidien d'un exilé portugais à Paris: la vie dans les bidonvilles, le dur travail souvent mal payé, la saudade des gens, des paysages, des saveurs et parfums. Ecouter ce titre permet de visualiser ce qu'on pu vivre les émigrés portugais à leur arrivée à Paris et, quelque part, comprendre la raison du regard triste que certains d'entre eux ont continués à afficher tout au long de leur vie.

Document historique indiscutable et disque essentiel pour la poésie portugaise, Pais de Abril  a récemment eu le droit à une réédition de la part de Orfeu. Sorti dans une version double cd accompagné d'O Operário Em Construção, le label récemment revenu à la vie offre une chance de découvrir ou redécouvrir ce clameur, ce poète et ces musiciens qui ont tant apportés à la musique portugaise et au pays tout court.

Spécial Révolution des Oeillets / Albums



Adriano Correia de Oliveira - Gente de Aqui e de Agora
1971 - Orfeu

Richement arrangé et brillament produit de José Niza, Gente de Aqui e de Agora, considéré comme le meilleur album d'Adriano Correia de Oliveira, est aussi l'un des meilleurs disques portugais de tous les temps. 

Adriano Correia de Oliveira est né à Porto en 1942. A 17 ans il part à Coimbra, lui aussi, étudier le droit. Il y rencontre Luis Goes, José Niza, José Afonso et tous ceux qui transformeront la musique portugaise quelques années plus tard. Il affirme des convictions politiques à travers le milieu estudantile, dont il sera la voix, à seulement 20 ans, avec Trova do Vento que Passa. Contrairement à d'autres artistes, Adriano Correia de Oliveira ne quittera pas le Portugal et ne connaitra jamais l'exil. Durant toute sa carrière il refusera de soumettre ses albums à la censure. Gente de Aqui e de Agora sera d'ailleurs son dernier disque paru sous la dictature avant un silence, naturellement forcé, de quatre ans. 

Gente de Aqui e de Agora a été réalisé à quatre mains: celles d'Adriano et celles de José Niza. Si le premier chante et apporte son impressionnante aura, le second joue, adapte des poémes, réalise et produit le disque. Orfeu, label chez qui sortiront tous les disques d'Adriano, met à disposition ce qui se fait de mieux en terme de matériel, instruments et studios. Le résultat est grandiose avec des chansons qui "collent" à la perfection aux textes chantés: sublimes lignes de violons profondément tristes pour E Alegre Se Fez Triste (poème de Manuel Alegre), airs ruraux et choeurs "façon" Alentejo pour Cana Verde et Roseira Brava, rythme bondissant et joyeux pour le très politique O Senhor Morgado. Gente de Aqui e de Agora est un disque qui, lui, a parfaitement collé à son époque. Adriano dira lui-même: la chanson peut ne pas avoir une influence décisive, mais elle est complémentaire.


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