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Réédition de l'oeuvre d'un Artiste majeur 

C'est entre mars et avril 2013 que sera conclue la réédition  des onze albums publiés par José Afonso sur le label Orfeu entre 1968 et 1981, soit la quasi intégralité de son oeuvre. Ces rééditions visent à célébrer les 25 ans du décès de l'artiste disparu le 27 février 1983 à seulement 57 ans.




Initié avec les albums Cantares de Andarilho (1968) et Contos velhos, rumos novos (1969) en avril 2011, Orfeu a suivi l'ordre chronologique en éditant le mois suivant Traz outro amigo também (1970), Cantigas do Maio (1971) et Eu vou ser como a toupeira (1972) puis, en octobre Venham mais cinco (1973), Coro dos tribunais (1974) et Com as minhas tamanquinhas (1976). Ces deux prochains mois verront donc les trois derniers albums Enquanto há força (1978), Fura fura (1979) et Fados de Coimbra (1981) rejoindre les rayons des disquaires. 

Avec António Pinheiro da Silva aux commandes, ces albums ont bénéficié d'une restauration et d'une remastérisation à la hauteur de l'oeuvre de l'artiste. Des notes additionnelles replaçant les chansons et les albums dans le contexte de l'époque ont été ajoutés. Celles-ci permettront aux nouvelles générations de mieux comprendre le rôle et l'importance qu'ont joué l'auteur et des chansons comme A Morte saíu à rua, Maio, maduro Maio, le toujours d'actualité Os vampiros ou, bien sûr, "l'hymne" de la révolution des oeillets Grândola vila morena.

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Luisa Sobral, nouvel album en avril




Celle qui a fait partie en 2012 des 5 artistes portugais à suivre pour les Inrockuptibles sortira son deuxième album au mois d’avril. 
Luisa Sobral est actuellement en train de finaliser celui qui sera son deuxième album. Le successeur de «The Cherry on My Cake» est produit par Mário Barreiros et est prévue pour avril. Le premier single devrait arriver simultanément sur les radios portugaises et iTunes le 25 février.




Avec son premier album « The Cherry on My Cake» sorti en 2011, Luisa Sobral a réussi à conquérir bien plus que le Portugal. Selon les Inrockuptibles, elle «cultive une pop jazzy, naturelle et enfantine dans un jardin amélie-poulinesque de papier-mâché et de bonshommes un peu bizarres. » En Espagne, le journal «El Mundo» l’a présentée comme une grande promesse avec un «sixième sens pour les compositions et une voix privilégiée». Elle brilla aussi au Royaume-Uni en participant à la mythique émission BBC 'Later with… Jools Holland' où elle interpréta deux de ses titres (voir vidéo ci-dessus). Luisa Sobral a également été invitée par Melody Gardot pour faire la première partie de ses concerts à Londres et durant sa tournée allemande. 
Il ne fait donc aucun doute que le nouvel album de Luisa Sobral est un des plus attendus de 2013.

Mais en attendant ce dernier, Luisa Sobral a mis en ligne hier une version de Radiohead, «No Suprises». Cette vidéo a été filmée dans la Vallée du Tua qui court actuellement le risque de disparaître à cause de la construction d’un barrage prévue dans cette zone. Cette action de sensibilisation a été menée à l’initiative d’une autre artiste portugaise, Marcia, préoccupée de voir ce paysage disparaître. (Pour en savoir plus : Manifeste pour la Vallée du Tua.)






Ils en Parlent



Ran Blake et Sara Serpa : duo sur canapé

Cleanfeed Records - Orkhêstra
4/5

Cinquante ans après un premier album de légende avec la chanteuse Jeanne Lee, le pianiste jazz Ran Blake remet ça avec Sara Serpa. Beauté. Critique et écoute.

La vieille légende en personne ouvre la porte de l’appartement parisien où il reçoit les journalistes. Le pianiste américain Ran Blake a 77 ans, il est physiquement usé, et se déplace avec un déambulateur. Passée la surprise, on peut y voir une certaine logique : déambuler est un mot qui va bien à Ran Blake. Un demi-siècle qu’il pratique, laissant ses doigts divaguer sur le clavier d’un piano – une oreille distraite dirait qu’il manque des touches, ou que le pianiste en a remplacé certaines par du silence.
Son premier album, sorti en 1962, est légendaire : The Newest Sound Around, avec la chanteuse Jeanne Lee, sommet inaugural de jazz blanc, minimal, funambule, inspiré par les chansons, la musique classique et le cinéma, plus cérébral que sanguin. Depuis, le grand styliste a sorti une trentaine d’albums en formations diverses et distillé son savoir au conservatoire de musique de Boston pendant près de trente ans. Pas un acharné de la production, ni une tête de gondole du jazz. De temps en temps, un album vient nous rappeler l’importance gracieuse de Ran Blake.
Il y a trois ans, c’était le méditatif Driftwoods. Aujourd’hui, c’est l’évanescent Aurora, en duo avec la chanteuse portugaise Sara Serpa. Une jeunette, une ancienne élève. Sara Serpa vient d’arriver et s’installe dans le canapé près de son mentor. “La première fois que j’ai entendu la musique de Ran, c’était au conservatoire de Boston, c’était la chanson Laura de son album avec Jeanne Lee. Je me suis dit “Mais qui est ce pianiste qui invente des mondes derrière les mélodies ?” J’ai demandé à être son élève au semestre suivant. Je suis allée dans son studio, plein de livres et de DVD, on a regardé des extraits de Deux mains, la nuit, de Robert Siodmak.” Le film noir de Siodmak est fondateur pour Ran Blake : à l’âge de 12 ans, il l’a vu dix-huit fois en vingt jours, et en a tiré la quintessence de sa musique.
Sara poursuit : “Puis il m’a demandé de chanter a cappella. J’avais peur, je n’étais pas habituée à chanter sans accompagnement. C’était la première leçon de Ran : connaître une mélodie à fond, pouvoir la chanter seule.” Ran Blake ajoute : “On a fait une merveilleuse version de Strange Fruit !” Elle est sur l’album et Sara la chante a cappella.
C’est tout le charme de ce duo (Aurora est leur deuxième album ensemble, deux ans après le plus sombre Camera Obscura) : la voix joueuse de Sara Serpa et le piano cinéphile de Ran Blake, qui s’écoutent, conversent, improvisent et rêvent en toute confiance. Sur l’album, il y a donc quelques classiques du jazz vocal, mais aussi un fado, un hommage à Malher, un autre au Dr Mabuse de Fritz Lang et encore un autre à Hitchcock. Ran Blake : “La musique autour des films, c’est ma passion. Mais j’adore aussi Stevie Wonder, Al Green, la musique orientale que j’aurais aimé étudier si j’étais plus jeune et que j’avais le temps… Je ne me souviens pas de tous les disques que j’ai enregistrés, mais j’ai encore des projets. C’est la variété de tout ça qui me garde en vie.
Plus de quarante-cinq ans séparent Ran Blake et Sara Serpa. Mais ils semblent se retrouver comme deux enfants émerveillés par leur première séance de cinéma. “J’adore jouer dans la pénombre. Et je regarde très peu le clavier, je préfère regarder Sara”, conclut le vieux gentleman dans un sourire, du bon côté de la vie.

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